A Washington, Hervé Morin fait l’éloge de l’Europe de la Défense (31.01.08)

WASHINGTON, 31 jan 2008 (AFP) - Pour sa première visite aux Etats-Unis, le ministre français de la Défense Hervé Morin a fait l’éloge d’une Europe de la défense "complémentaire" de l’Otan, sans dévoiler la teneur des discussions sur l’Afghanistan où Washington presse ses alliés d’envoyer plus de troupes. La France, a déclaré M. Morin, reste "attachée" à l’Alliance atlantique tout en souhaitant "en complémentarité et non en duplication" le développement "de moyens (militaires) propres à l’Europe". Ces déclarations interviennent alors que Paris s’interroge sur son retour dans le commandement intégré de l’Otan tout en faisant de l’Europe de la Défense l’une des priorités de sa présidence de l’Union européenne, au second semestre 2008. Elle ne doit plus être considérée comme "l’agence civile de l’Otan" mais comme "capable d’assurer des opérations militaires de stabilité sur son propre continent et sur le continent africain", a encore soutenu M. Morin lors d’une visite de 36 heures à Washington. L’Europe, a-t-il fait valoir, compte "des intérêts particuliers" en Afrique "où la situation conditionne directement sa propre sécurité" et où il est très difficile à l’Otan d’intervenir". M. Morin s’est ainsi inscrit dans le droit fil du président Nicolas Sarkozy qui avait avancé le 18 janvier des propositions françaises "pragmatiques et ambitieuses" sur l’Europe de la Défense comme sur l’Alliance atlantique. MM. Morin et Gates ont en revanche éludé la question de l’envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan, alors que selon le département d’Etat, les Etats-Unis souhaitent que la France envoie des renforts aux troupes canadiennes déployées dans le sud de l’Afghanistan. Le ministre français a simplement indiqué, lors d’une conférence de presse à l’ambassade de France, avoir reçu, tout comme l’Allemagne, une lettre de son homologue américain Robert Gates l’appelant à dépêcher davantage de militaires en Afghanistan. Cette lettre était "extrêmement courtoise", a-t-il précisé. Cette question devait aussi être soulevée lors d’entretiens de M. Morin avec la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, qui n’ont donné lieu à aucun commentaire. MM. Morin et Gates se sont contentés de plaider en faveur d’une stratégie "globale" de l’Otan en Afghanistan. "La participation des alliés" à l’effort en Afghanistan figurait au menu de leur entretien, a simplement indiqué M. Gates. "Nous sommes convenus l’un et l’autre qu’un éventuel renforcement de moyens militaires devait s’accompagner d’une approche globale", a enchaîné M. Morin, plaidant pour "une solution globale, économique, politique". Le ministre français a évoqué le développement de cultures alternatives à l’opium, dont l’Afghanistan est le premier producteur mondial, ou le développement d’infrastructures permettant de relancer l’économie afghane. Dans l’entourage de M. Morin, on évoquait cependant divers scénarios : un repositionnement des troupes françaises, aujourd’hui stationnées à Kaboul, l’envoi d’un plus grand nombre d’instructeurs, le retour des forces spéciales françaises voire une augmentation substantielle des effectifs du contingent français.

Dernière modification : 01/02/2008

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