AFP : Paris persiste et signe en faveur de l’Europe de la défense (07.07.2008)

PARIS, 7 juil 2008 (AFP) - La France maintiendra durant sa présidence de l’UE la relance de l’Europe de la défense au nombre de ses priorités, malgré le "non" irlandais", a affirmé lundi le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner en ouvrant un séminaire UE-Otan.

Quelles que soient les "difficultés actuelles" de l’Europe, "les menaces, les risques et les crises sont ce qu’ils sont, le besoin stratégique d’un renforcement des capacités européennes demeure", a expliqué M. Kouchner, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE depuis le 1er juillet. Le ministre a estimé que "ce projet de relance de l’Europe de la défense (...) peut se concevoir, s’il le faut, dans un cadre institutionnel inchangé". "Nous n’avons donc aucune raison, bien au contraire, de renoncer à cette priorité essentielle, tout en ayant conscience des difficultés actuelles de l’Europe", a-t-il assuré, avec à ses côtés le diplomate en chef de l’UE Javier Solana et le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer.

Plaidant pour un renforcement simultané de la coopération de l’UE avec l’Alliance atlantique, M. Kouchner a insisté sur le fait que, pour la France, "ce n’est pas l’Otan ou l’Europe de la défense, mais l’Otan et l’Europe de la Défense". Le ministre a assuré que Paris apportait son "soutien entier aux initiatives" destinées à "aider au déblocage des relations entre les deux organisations".

M. de Hoop Scheffer a plaidé pour que la Turquie, membre de l’Alliance atlantique, obtienne un statut d’observateur auprès de l’Agence européenne de défense (AED) comme elle le réclame. Ce contentieux, alimenté par la querelle entre Chypre, membre de l’UE, et la Turquie, membre de l’Otan, complique en effet la coopération entre les missions de police et de justice de l’UE et les troupes de l’Otan au Kosovo et en Afghanistan. Son règlement favoriserait le rapprochement entre l’UE et l’Otan que M. de Hoop Scheffer a appelé de ses voeux.

Javier Solana a affirmé de son côté que "l’Europe n’a d’autre choix que de devenir un acteur global", donc de "développer ses outils civils et militaires" de même que sa "complémentarité" avec l’Otan.

"La relance de l’Europe de la défense que nous proposons s’inscrit dans une vision politique fondée sur la complémentarité entre la défense européenne et l’Otan et sur la perspective d’une rénovation forte de notre relation avec l’Alliance", a résumé M. Kouchner. Pour encadrer le nouveau "dialogue UE-Otan", il a proposé la création d’un "groupe de haut niveau réunissant les principaux responsables civils et militaires des deux organisations autour des deux secrétaires généraux", MM. Solana et de Hoop Scheffer.

Dès le 16 juillet, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet "ira présenter devant le Conseil de l’Atlantique nord" où siègent les représentants des 27 pays de l’Otan —dont 21 de l’UE— "le programme de la présidence française en matière de PESD (politique européenne de sécurité et de défense)", a annoncé M. Kouchner.

Appelant l’UE à faire un effort en matière militaire à la hauteur de son "potentiel économique", le ministre a fait du "renforcement des capacités" une des tâches immédiates de la présidence française de l’UE. L’UE devrait notamment être capable de mener "deux opérations militaires importantes de stabilisation et de reconstruction, jusqu’à 10.000 hommes pendant au moins deux ans, avec une composante civile", a estimé M. Kouchner.


Voir aussi :

- Relations UE-OTAN : séminaire de haut niveau (Paris, le 7 juillet 2008)
- Institut des études de sécurité de l’Union européenne
- Programme du séminaire
- Point de presse électronique du 4 juillet 2008
- Discours de M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères

Dernière modification : 08/07/2008

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