Afghanistan

Alliot-Marie propose la création d’une gendarmerie afghane

KABOUL, 18 déc 2006 (AFP) - La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie a proposé aux autorités afghanes la création d’une force de gendarmerie pour concourir à la stabilisation du pays, a-t-elle indiqué lundi à Kaboul, au terme d’une visite de trois jours. "J’ai proposé une nouvelle coopération pour la création d’une gendarmerie afghane", a déclaré Mme Alliot-Marie lors d’une conférence de presse, au lendemain d’une rencontre avec son homologue afghan, Abdul Rahmin Wardak. Il s’agirait "d’une force particulièrement bien adaptée à une sortie de crise", a-t-elle estimé. "La formation militaire des gendarmes leur permet de faire face à des situations de grande violence", a expliqué Mme Alliot-Marie, notant qu’ils étaient "des militaires soumis aux mêmes obligations juridiques et déontologiques que les autres militaires". Dans l’entourage de la ministre française, on relèvait que "la police afghane compte des éléments très corrompus dont la loyauté envers les institutions est sujette à caution". Une force de gendarmerie "nouvellement créée apporterait un surcroît de fiabilité et de fidélité au gouvernement central", faisait-on valoir. Une "étude" sera ainsi transmise prochainement à M. Wardak pour préciser le fonctionnement de la gendarmerie en France mais aussi en Espagne et en Italie. Mme Alliot-Marie a par ailleurs jugé "nécessaire que chacun des pays voisins de l’Afghanistan soit soucieux de la protection de ses frontières" afin de concourir à la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme. Cette question, a-t-elle précisé, sera à l’ordre du jour du groupe de contact proposé par le président français Jacques Chirac lors du sommet de l’OTAN de Riga, fin novembre. La principale tâche de ce groupe de contact, a-t-elle cependant indiqué, sera de mieux coordonner les aides internationales avec le gouvernement afghan.

Les forces spéciales françaises d’Afghanistan

KABOUL, 17 déc 2006 (AFP) - Les forces spéciales françaises, dont la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a annoncé dimanche le désengagement d’Afghanistan, comprennent 220 hommes dans ce pays. Elles participent depuis juillet 2003 à l’opération "Liberté immuable", lancée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre pour chasser les talibans au pouvoir en Afghanistan et traquer les membres d’Al-Qaïda qui, à l’instar de leur chef Oussama ben Laden, avaient trouvé un sanctuaire dans le pays. Les forces spéciales françaises sont installées depuis fin juillet dans la région de Jalalabad, la plus grande ville de l’est de l’Afghanistan. Elles ont quitté leur poste dans la région de Spin Boldak, ville frontalière du Pakistan, dans la province méridionale de Kandahar, lorsque l’Otan a pris le commandement des opérations militaires internationales dans la région sud. Depuis fin juillet, les accrochages avec les talibans se sont multipliés. Neuf soldats français ont été tués en opération en Afghanistan depuis décembre 2001, parmi lesquels sept militaires des forces spéciales. Les deux derniers ont péri le 25 août dans l’explosion d’une mine télécommandée, dans la région de Koghiani (est). Deux autres soldats français de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, ont été tués accidentellement en octobre 2004.
Les forces spéciales françaises, placées sous le Commandement des opérations spéciales (COS), comptent près de 2.000 hommes au total. Fierté de l’armée française, elles appartiennent aux club très fermé des meilleures forces spéciales occidentales, aux côtés des Américains et des Britanniques. Elles sont entraînées aux missions les plus pointues et les plus périlleuses comme les missions d’infiltration aéroportées à très basse altitude ou au larguage de parachutistes à très haute altitude, jusqu’à 8.000 mètres. Contrairement aux hommes de la DGSE (services secrets français), ceux des forces spéciales agissent toujours en uniforme, ce qui n’empêche pas une discrétion certaine, le recours à des moyens parfois peu conventionnels ou le port de la barbe dans certaines régions du monde. Les forces spéciales sont présentes sur l’ensemble des théâtres d’opérations de l’armée française, bien souvent en éclaireurs avant les opérations majeures. L’état-major des armées maintient toutefois tradtionnellement le silence sur leur déploiement.

Afghanistan : Michèle Alliot-Marie confirme le retrait prochain des forces spéciales françaises

KABOUL/PARIS (AP) — Michèle Alliot-Marie a confirmé dimanche matin, lors d’une visite en Afghanistan, le retrait dans les prochaines semaines des quelque 200 hommes des forces spéciales françaises engagées dans l’est du pays. "Il y a une réorganisation générale de notre dispositif", a expliqué la ministre française de la Défense sur France Info, en annonçant notamment "le retrait des forces spéciales de Jalalabad dans les prochaines semaines".
Au ministère de la Défense à Paris, on précisait à la mi-journée que le retrait aurait lieu début 2007. "C’était une option sur laquelle on travaillait depuis plusieurs semaines en concertation avec nos partenaires", a confié à l’Associated Press le capitaine Sébastien Caron, officier de presse de la DICOD (Délégation à l’information et à la communication de la Défense), citant des propos du porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau. L’armée française participait, depuis juillet 2003, à l’opération américaine de lutte contre le terrorisme "Enduring Freedom" (liberté immuable) avec ces 200 militaires des forces spéciales. "D’un autre côté, nous allons renforcer la formation de l’armée afghane, et notamment des forces spéciales afghanes, parce qu’il nous paraît important que les Afghans voient que ce sont leurs propres forces qui sont en train de reprendre le théâtre", a précisé la ministre de la Défense. Une cinquantaine d’instructeurs des forces spéciales françaises vont constituer une unité de formation de forces spéciales afghanes, a expliqué à l’AP le capitaine Caron. "Nous avons d’un autre côté, compte tenu justement des risques d’attaques que l’on a constatés ces dernières semaines, ces derniers mois, décidé de laisser en permanence nos forces aériennes qui sont venues à plusieurs reprises en soutien des forces de la coalition, de la même façon que nous avons renforcé aussi notre présence avec notamment les deux hélicoptères que nous venons de prendre pour être sur ce point avancé de la zone qui se situe à égale distance de Kaboul et de Jalalabad", a également souligné Michèle Alliot-Marie. Comme le rappelle le ministère de la Défense sur son site Internet, le président français Jacques Chirac avait fait part, à l’occasion du sommet de l’OTAN à Riga, le 29 novembre dernier, de la décision de la France d’adapter son "dispositif militaire, à effectifs constants, aux besoins de l’OTAN et aux besoins des Afghans". Le président de la République avait ainsi décidé "le durcissement de notre dispositif à Kaboul, l’assouplissement de ses conditions d’emploi hors de cette zone et l’accroissement de l’engagement dans la formation", précise le ministère.

Ce retrait est "normal", a jugé le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande sur Radio-J. "Je pense que la présence des forces spéciales françaises devait être temporaire", a-t-il dit. "Sur ces décisions-là (...) il eut été souhaitable d’associer le Parlement", a-t-il toutefois regretté. Le retrait progressif des 200 soldats des forces spéciales françaises déployés dans le cadre de l’opération "Enduring Freedom" avait alors été évoqué, Paris assurant alors que cette réorganisation ne préfigurait en rien un retrait de la France d’Afghanistan. Plus de 32.000 hommes sont engagés dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS/ISAF) de l’OTAN en Afghanistan, dont quelque 1.100 militaires français, responsables du secteur de Kaboul.

Afghanistan : la France retire ses forces spéciales et se redéploie

KABOUL, 17 déc 2006 (AFP) - Les forces spéciales françaises vont se retirer courant janvier d’Afghanistan, un départ symbolique de la volonté de la France de passer le relais à l’armée afghane, mais qui intervient au moment où le pays est confronté à une recrudescence des attaques des talibans. La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a annoncé ce retrait dimanche, lors de sa neuvième visite en Afghanistan, à son retour de Jalalabad où elle s’était rendue la veille pour rencontrer à huis clos les 220 membres des forces spéciales basés dans cette région de l’est de l’Afghanistan. Les forces spéciales françaises avaient été déployées en juillet 2003 dans le cadre de l’opération "Liberté immuable", lancée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 pour chasser les talibans du pouvoir et traquer les membres d’Al-Qaïda. Quelque 10.000 hommes, en grande partie américains, participent à cette opération de la coalition. La France a déployé au total plus de 2.000 hommes sur le théâtre d’opérations afghan, dont 1.100 dans la seule région de Kaboul. Quelque 10% des effectifs des forces spéciales françaises étaient engagés en permanence en Afghanistan ce qui mobilisait, compte tenu des rotations, près d’un tiers des 2.000 hommes de ces unités d’élite. "Elles sont encore utiles de façon ponctuelle mais sans doute moins qu’auparavant puisque l’Otan dispose maintenant d’un certain nombre de contributions dans ce domaine", a-t-on fait valoir dans l’entourage de la ministre. Selon Mme Alliot-Marie, "la réorganisation de l’ensemble du dispositif vise à permettre aux forces afghanes d’assurer elles-mêmes la stabilisation et la sécurité de leur propre pays". De trente à cinquante membres des forces spéciales resteront ainsi en Afghanistan pour entamer dès le début de l’année 2007 la formation de leurs homologues afghans. A terme, ceux-ci devront, selon Mme Alliot-Marie, "faire une partie du travail qui était accompli depuis quatre ans par les éléments français". La France ne se désengage pas, a-t-elle assuré, mais entreprend plutôt "une réorganisation générale" de son dispositif en Afghanistan, nécessaire depuis que l’OTAN a étendu sa présence à l’ensemble du territoire afghan en juillet. L’armée de l’air maintiendra ainsi tout au long de l’année son dispositif de soutien aux forces de l’OTAN qui n’était déployé jusqu’à présent qu’en été. Elle a également dépêché deux hélicoptères supplémentaires. De la même manière, les force françaises qui assurent le commandement de la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’OTAN dans la région de Kaboul pourront prêter main forte à d’autres forces de l’Alliance, notamment dans le sud du pays, région où l’insurrection est la plus forte. L’armée afghane dispose de quelque 36.000 hommes, formés par des instructeurs français, américains et britanniques. Ils devraient être 70.000 d’ici à 2009. Mais elle souffre d’un cruel manque d’équipement. A l’issue d’une rencontre avec son homologue Abdoul Rahim Wardak, Mme Alliot-Marie a reconnu que "l’OTAN avait eu tendance ces dernières années à équiper l’armée afghane de matériel russe" alors que les Afghans réclament un matériel occidental jugé plus performant. "Il faut veiller à la qualité de l’armement remis à l’armée afghane parce que dans un certain nombre de cas, elle s’est trouvée confrontée à un ennemi, et notamment les talibans, qui avait un armement meilleur que le sien", a souligné la ministre. Le retrait des forces spéciales françaises intervient alors que l’Afghanistan a été le théâtre cette année des affrontements et attentats les plus meurtriers, avec près de 4.000 morts, depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir fin 2001. Le commandement de la force de l’OTAN, qui compte 32.000 hommes, a notamment réclamé plus de troupes pour lutter contre cette insurrection.

Afghanistan : prochain retrait des forces spéciales françaises (Alliot-Marie)

SAROBI (Afghanistan), 17 déc 2006 (AFP) - La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie a annoncé dimanche le retrait des 200 militaires des forces spéciales françaises d’Afghanistan dans les prochaines semaines. Elle a fait cette déclaration lors d’une visite sur la base française de Hawkeye à Sarobi, à 50 km à l’est de Kaboul. Rappelant que la force de l’Otan était désormais déployée sur tout le territoire afghan, la ministre a indiqué que la France entendait engager "une réorganisation générale" de son propre disositif avec "le retrait des forces spéciales" qui interviendra dans "les prochaines semaines". Mme Alliot-Marie, qui effecture une visite de trois jours en Afghanistan, rentrait tout juste de la région de Jalababad (est) où elle avait rejoint les 200 hommes de ces unités d’élite. Les forces spéciales fançaises ont été déployées en juillet 2003 dans le cadre de l’opération "Liberté immuable" lancée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 pour chasser les talibans du pouvoir et démanteler le réseau Al-Qaïda. La ministre a par ailleurs annoncé que des instructeurs français allaient engager la formation de forces spéciales de l’armée afghane "parce qu’il nous paraît important que les Afghans reprennent le théâtre avec leurs propres forces". Elle a rappelé que la France avait décidé de maintenir durablement ses moyens aériens "qui sont intervenus à plusieurs reprises en soutien des forces de l’Otan" ainsi que de déployer deux nouveaux hélicoptères. Les soldats français entameront début 2007 la formation de l’encadrement des instructeurs des forces spéciales afghanes, a-t-on précisé dans l’entourage de la ministre. Quelque 10 % des effectifs des forces spéciales françaises étaient engagés en permanence en Afghanistan et sept de leurs membres y ont été tués, a-t-on rappelé de même source. "Les forces spéciales ont été utiles de façon ponctuelle mais sans doute moins qu’auparavant puisque l’Otan dispose maintenant d’un certain nombre de contributions dans ce domaine", a-t-on expliqué. La France est par ailleurs à la tête de la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan pour la région de Kaboul qui compte au total plus de 2.000 hommes, dont 1.100 Français.

La force de l’Otan reprend le "contrôle" d’une zone près de Kaboul (général)

KABOUL, 16 déc 2006 (AFP) - La force de l’Otan a repris ces derniers jours le "contrôle" de la vallée de Musayi, près de Kaboul, où elle avait suspendu fin septembre ses patrouilles après des attaques meurtrières, a annoncé samedi le général Pierre de Villiers, commandant en chef de la région de Kaboul. Trois soldats italiens de la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan avaient été tués et quatre autres blessés en mai et septembre dans cette vallée, à une trentaine de kilomètres au sud de Kaboul, dans des attaques contre leur convoi. "Nous avons décidé de reprendre la vallée au travers d’une phase de contact avec la population et de lien retissé avec les autorités locales, conjuguée avec une opération militaire", a déclaré le général français. Au cours de cette opération, qui s’est déroulée "sans tirer un coup de fusil", les soldats de l’Isaf ont distribué des couvertures, de la nourriture et des voitures pour la police et donné 250 consultations médicales "au fur et à mesure de notre avancée pour sécuriser le terrain", a-t-il expliqué. Quelque 200 soldats de l’armée afghane, 150 policiers, 300 soldats italiens, une compagnie turque en couverture sur le flanc est ainsi qu’une compagnie française prête à intervenir ont été mobilisés sur cette opération qui a reçu également un appui aérien, a-t-il précisé. Pour le général de Villiers, il s’agit de montrer aux Afghans "que nous pouvons tenir nos promesses et que leurs attentes seront remplies".
L’Isaf entend désormais, selon lui, "construire très rapidement une clinique, réparer un pont, creuser des puits, ouvrir des écoles et construire une route dans la vallée lorsque nous aurons trouvé les moyens". La France est à la tête de l’Isaf-Kaboul qui compte au total plus de 2.000 soldats, dont 1.100 Français.

Ressusciter l’armée afghane : une oeuvre encore loin d’être achevée

KABOUL, 17 déc 2006 (AFP) - Depuis le printemps 2002, des instructeurs français ont formé 4.000 officiers en Afghanistan mais les efforts de l’Otan et des Etats-Unis pour ressusciter l’armée afghane paraissent bien insuffisants pour espérer une relève rapide des forces internationales dans ce pays. "La formation de l’armée afghane est un élément essentiel de stabilisation de l’Afghanistan", a encore souligné la ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie, lors de sa 9e visite à Kaboul ce week-end. Avec 36.000 hommes, la nouvelle armée nationale afghane (ANA) est cependant encore embryonnaire. Et pour le lieutenant-colonel afghan Haqmal, formé en France, chef des instructeurs tactiques de l’école d’officiers ouverte aux portes de Kaboul, on est toujours loin d’une armée capable de prendre la relève des 32.000 soldats de la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan même si l’objectif de porter les effectifs de l’ANA à 70.000 hommes d’ici à 2009 était atteint.
"70.000 hommes, ce n’est même pas assez pour la seule province de Kaboul", assure-t-il alors que l’Afghanistan est confronté à une insurrection des talibans et autres militants anti-gouvernementaux. "Il nous faudrait 200.000 hommes, équipés d’armement moderne, sinon l’ennemi sera toujours plus fort", plaide l’officier qui appelle à la formation de pilotes d’hélicoptères et de chars afghans et à la création d’unités de commandos et de forces spéciales au sein de l’ANA. "Sans forces aériennes, sans chars, sans blindés, il n’est pas possible de faire la guerre". Des unités de forces spéciales afghanes sont appelées à voir le jour alors que des instructeurs français doivent engager leur formation début 2007. Samedi, quelques dizaines d’Afghans s’entraînaient selon des procédures américaines au combat au corps à corps avec des pistolets en plastique et des couteaux en bois sur le vaste camp de l’école d’officiers, financée par les Etats-Unis. Surveillant du coin de l’oeil leurs évolutions, le lieutenant-colonel Frédéric Dampierre, commandant des instructeurs français, louait ces soldats "extrêmement rustiques, capables de supporter des conditions difficiles". Mais ce légionnaire relevait aussi l’hétérogénéité du recrutement : "d’ex-moujahidines, d’anciens officiers de l’armée nationale qui ont servi à l’époque communiste et d’autres qui ont suivi les talibans lorsqu’ils étaient au pouvoir". Selon l’officier français "70% des stagiaires viennent de la région de Kaboul, 20% du nord et 10% seulement du sud". Pour le lieutenant-colonel Haqmal, cette situation est le reflet de l’insatisfaction des Afghans des provinces du sud à l’égard du gouvernement. Ils "se tournent plutôt vers les talibans", constate-t-il. Autre difficulté : le taux de désertion parmi les hommes du rang qui "même s’ils ne passent pas chez les talibans sont parfois tentés de rentrer chez eux", relève le colonel Jean Bruneau, chargé de la réorganisation de l’ANA auprès des forces américaines. L’armée afghane a connu une histoire chaotique depuis la fin de la guerre contre les Soviétiques en 1989. Les moujahidines se sont emparés du pouvoir en 1992, déclenchant une guerre civile. Quatre ans plus tard, les talibans ont pris Kaboul et tenté d’esquisser une armée nationale mais sans jamais parvenir à la doter d’un véritable commandement. L’Afghanistan peut toutefois se flatter d’une longue tradition guerrière. "Nous avons défendu le pays pendant 5.000 ans contre de violentes attaques et de grandes invasions", relevait il y a peu le ministre de la Défense Rahim Wardak.

Les chefs de la diplomatie française et afghane parlent sécurité à Paris

PARIS, 14 déc 2006 (AFP) - Les chefs de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, et afghane, Rangin Dadfar Spanta, se sont entretenus jeudi à Paris des "moyens d’améliorer" la situation en Afghanistan, où un attentat suicide a fait le jour même quatre morts et une trentaine de blessés. "Les deux ministres ont abordé la situation intérieure et les moyens de l’améliorer, notamment sous l’angle de la sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. "Ils ont souligné la responsabilité première dans ce domaine des autorités afghanes, soutenues par la communauté internationale, notamment à travers la Fias", a-t-il précisé, en référence à la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan. Interrogé sur le risque d’un scénario à l’irakienne en Afghanistan, alors que les attentats suicides s’y sont multipliés au cours des trois dernières semaines, M. Mattéi a estimé qu’il n’était "pas approprié de faire une comparaison entre la situation en Afghanistan et celle en Irak". L’attentat suicide de jeudi a eu lieu dans un bazar de la province de Zaboul (sud de l’Afghanistan) une quinzaine de minutes après le passage d’un convoi de dizaines de gardes du corps du président Hamid Karzaï. Au total, une centaine d’attaques suicides ont eu lieu cette année, une pratique qui était inconnue il y a quelques années encore dans ce pays.
Quelque 2.000 soldats français sont engagés en Afghanistan ou dans la région, soit au sein de l’Isaf, soit au sein de l’opération "Liberté immuable" (Enduring Freedom), sous commandement américain.

Dernière modification : 23/01/2008

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