Afghanistan : Nouvelle visite de la Ministre de la Défense, madame Alliot-Marie aux soldats français

Michèle Alliot-Marie se rend ce week-end en Afghanistan pour y rencontrer les soldats français déployés sous bannière de l’Otan et des chefs de tribus du Sud, ancien bastion des taliban en proie à une recrudescence de violence. Habituée des réveillons de la Saint-Sylvestre avec la mission Pamir, la composante française de la Force internationale d’assistance à la stabilité (FIAS), la ministre de la Défense doit également s’entretenir à Kaboul avec le président Hamid Karzaï et le roi Zaher Chah. Il s’agira de sa septième visite en Afghanistan depuis 2002. Ce déplacement s’effectue cependant dans un contexte différent, à la veille de la session inaugurale, lundi, de la chambre basse du parlement afghan, issue des premières élections législatives depuis trente ans. Le scrutin, mi-septembre, avait été endeuillé par la mort de neuf personnes, dont un candidat et un soldat français.

Depuis la conférence de Bonn en décembre 2001, qui a jeté les bases d’une administration de transition, c’était "un peu un one-man-show d’Hamid Karzaï", note-t-on de source diplomatique française. Aujourd’hui, il va falloir "nouer des liens avec les groupes parlementaires" dans un "Parlement un peu fragmenté", mosaïque ethnico-religieuse composée d’anciens chefs de faction militaires, de responsables taliban, d’ex-dirigeants de l’ère soviétique et de leaders de minorités ethniques.
A cette nouvelle donne institutionnelle, s’ajoute une dégradation des conditions de sécurité depuis l’automne. Dans le sud et l’est du pays, les taliban armés ont désormais recours aux attaques kamikazes, sur le modèle de la guérilla irakienne.

Malgré ce contexte, la France "a la volonté de s’impliquer plus et durablement", dit-on au ministère de la Défense. Paris table sur une "stratégie globale" alliant opérations de sécurité, lutte contre la culture du pavot et installation d’une économie de substitution par le biais de micro-projets.

Aux côtés de la Turquie, où Michèle Alliot-Marie est attendue lundi, et de l’Italie, les soldats de Pamir prendront au printemps prochain la responsabilité de la zone de Kaboul.
Cela implique un renforcement du contingent français d’environ 500 hommes, estime-t-on au ministère. Actuellement, 600 soldats français sont engagés dans les opérations de la FIAS et 35 personnes participent à la formation des personnels de sécurité afghans (mission Epidote). De plus, environ 200 membres des forces spéciales françaises traquent les fidèles d’Oussama ben Laden dans le cadre de l’opération américaine "Enduring Freedom" (DEF), dans les montagnes du Sud-Est.
La ministre française doit les rencontrer samedi.

Les frictions franco-américaines sur une éventuelle fusion des commandements FIAS et OEF sont aujourd’hui oubliées, assure-t-on au ministère. Pour renforcer les "synergies" entre les deux opérations, il y aura désormais une "double casquette" dans la chaîne de commandement de la FIAS chargée de faire la liaison.
Première étape de Michèle Alliot-Marie samedi, Kandahar, capitale de la révolution intégriste des taliban au milieu des années 1990. Comme en juillet dernier, elle doit y rencontrer des "barbes blanches", les chefs de tribus locales. Il y a cinq mois, la ministre avait écouté leurs doléances : manque d’éducation et de soins pour les femmes et besoins en irrigation. Ils ne veulent "pas de grand machin doté d’une grande visibilité, mais plutôt des micro-projets", souligne-t-on dans l’entourage de la ministre, qui devrait annoncer la construction, sous peu, d’un dispensaire pour femmes et d’un système de régulation des crues. Chapeautés par une ONG française, ces projets devraient être co-financés par la France et le Qatar.

Dernière modification : 17/01/2008

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