Afghanistan : il faut recentrer l’Otan sur les opérations militaires (Chirac)

Le président français Jacques Chirac a estimé qu’il fallait "recentrer l’Alliance sur la conduite des opérations militaires" en Afghanistan en proie à une flambée de violences et a réaffirmé la primauté de l’Onu, dans une tribune publiée dans 36 pays. Alors que la dégradation de la situation sécuritaire en Afghanistan doit constituer le plat de résistance du sommet de l’Otan mardi et mercredi à Riga, M. Chirac fait connaître la position de la France dans les journaux de 36 pays (les membres de l’Otan, les pays partenaires et ceux des Balkans). "Pour créer les conditions d’un succès, nous devons inscrire notre action dans le cadre d’une stratégie globale, d’un processus politique et économique réaffirmé", affirme M. Chirac. Il souligne que "la mise en place d’un groupe de contact qui rassemble les pays de la région, les principaux pays engagés et les organisations internationales, comme cela existe au Kosovo, me semble nécessaire pour donner à nos forces les moyens de réussir leur mission en soutien des autorités afghanes et recentrer l’Alliance sur la conduite des opérations militaires". Le président français récuse d’autre part l’idée américaine d’alliance des démocraties, estimant que "les Nations Unies doivent rester le seul forum politique à vocation universelle". Il propose simplement aux pays contributeurs de troupes extérieurs à l’Alliance des "consultations au cas par cas" et non un partenariat global comme Washington l’appelle de ses voeux. M. Chirac, fervent partisan d’une Europe de la défense mieux affirmée, souhaite d’autre part que "la voix de l’Union européenne puisse être entendue au sein de l’Alliance", ce qui "suppose notamment la possibilité pour ses membres d’y établir une concertation spécifique". Il appelle aussi les Européens, qui "se sont trop longtemps reposés sur leurs Alliés américains" à "assumer leur part du fardeau" en augmentant leurs efforts de défense. Car, "aujourd’hui comme hier, nous avons besoin d’une Alliance forte, solidaire et adaptée", dit-il en ajoutant que, "baisser la garde, ce serait oublier les menaces" telles que le terrorisme ou des "nationalismes agressifs".

Afghanistan - Chirac propose un "groupe de contact"

PARIS, 27 novembre (Reuters) - Jacques Chirac proposera cette semaine au sommet de l’Otan la création d’un "groupe de contact" chargé de "recentrer" la mission des forces de l’Alliance en Afghanistan, en proie à une recrudescence de la violence.
"Pour créer les conditions d’un succès, nous devons inscrire notre action dans le cadre d’une stratégie globale, d’un processus politique et économique réaffirmé", écrit le président français dans une tribune qui sera publiée mardi dans 36 pays.
"La mise en place d’un groupe de contact qui rassemble les pays de la région, les principaux pays engagés et les organisations internationales, comme cela existe au Kosovo, me semble nécessaire pour donner à nos forces les moyens de réussir leur mission de soutien des autorités afghanes et recentrer l’Alliance sur la conduite des opérations militaires", ajoute-t-il dans ce texte dont l’Elysée a fourni une copie.
Selon son porte-parole, Jérôme Bonnafont, Jacques Chirac a présenté cette idée à son homologue américain George Bush, avec qui il s’est entretenu par téléphone lundi après-midi.
Les tensions en Afghanistan devraient dominer les débats au sommet de l’Otan mardi et mercredi à Riga, en Lettonie.
Les 32.000 hommes originaires de 37 pays de la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’Otan (ISAF) déployés en Afghanistan font face depuis plusieurs mois à la pire vague de violences survenue depuis le départ du pouvoir des taliban, en 2001. Environ 150 de soldats de l’Isaf ont été tués au combat cette année.
Jacques Chirac insiste sur l’importance de "consulter en cas de crise" les pays contributeurs de troupes extérieurs à l’Alliance - comme le Japon, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.
La France défend l’idée d’un dialogue au cas par cas mais garde ses distances vis-à-vis du projet américain, né après les attentats du 11 septembre 2001, de créer avec ces pays une alliance politique pour lutter ensemble contre le terrorisme.
Aux yeux du président français, "le coeur de la mission" de l’Otan relève du domaine militaire, et il doit éviter de tendre vers l’humanitaire ou le politique.
Le "dialogue élargi" doit rester "concret et centré sur des situations qui peuvent demander l’intervention militaire de l’Alliance et ses partenaires", écrit-il. "Les Nations unies doivent rester le seul forum politique à vocation universelle".
La dégradation de la situation en Afghanistan fait naître le risque d’un détournement de la mission de la force de maintien de la paix en mission d’imposition de la paix, a expliqué lundi un diplomate français.
Le groupe de contact permettrait de réorienter l’action de tous les pays engagés, sachant que l’objectif demeure de renforcer le gouvernement de Kaboul pour qu’il exerce son autorité sur l’ensemble du territoire, dit-on de même source.

Dernière modification : 23/01/2008

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