Afghanistan : le ministre français de la Défense se rend à Kandahar

KANDAHAR (Afghanistan), 20 juil 2008 (AFP) - Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, s’est rendu dimanche sur la base aérienne de Kandahar (sud) où il a rendu visite aux équipages français, au deuxième jour de sa visite surprise en Afghanistan. "Cela me fait plaisir de me trouver parmi vous, je me sens fier d’être français, fier de ce que vous vous faites ici", a affirmé le ministre devant les 170 hommes du détachement aérien français de Kandahar. Les soldats français mettent en oeuvre six appareils, trois Mirage 200D de l’armée de l’air et trois Super-Etendards de la Marine, qui apportent un soutien aérien aux soldats de l’Otan et de la coalition aux prises avec les talibans. Ces appareils avaient leur base à Douchanbé, au Tadjikistan, jusqu’en septembre 2007. "Je suis très heureux d’avoir proposé au président de la République que les avions soient basés à Kandahar, on voit très bien que c’était une bonne idée pour éviter des surcoûts et des temps de transport considérables, pour être plus réactifs, plus opérationnels et aussi mieux intégré dans le système", a affirmé Hervé Morin. "Nous effectuons 4 à 6 sorties par jour, avec à chaque fois 3h30 à 6h de vol. Il ne nous faut que 15 mn pour être en zone de combat, contre 1h15 quand nous étions à Douchanbé", a expliqué le lieutenant-colonel G., qui commande l’escadre de Mirage et a requis l’anonymat. Le détachement intervient au profit de l’ensemble des troupes en Afghanistan, mais son activité se concentre dans les provinces du sud du pays, bastions de l’insurrection des talibans. "En juin-juillet, nos interventions ont eu lieu à 46% dans la province de Helmand, à 18% en Oruzgan et 16% dans la province de Kandahar", a précisé le lieutenant-colonel. M. Morin était arrivé samedi matin à Kaboul, où il a rencontré le président afghan Hamid Karzaï, le ministre de la Défense Abdul Rahim Wardak et les responsables des forces internationales et

françaises. Il s’est ensuite rendu sur la base avancée de Nijrab, dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale afghane, où il a passé la nuit en compagnie des soldats français envoyés en renfort et en cours de déploiement dans cette nouvelle zone. La France avait annoncé début avril au sommet de l’Otan à Bucarest le déploiement d’un bataillon français supplémentaire de 700 hommes au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf). Si les violences sont moins fréquentes dans la province de Kapisa que dans le sud du pays, des incidents y sont régulièrement recensés, en particulier dans le district de Tagab, qui contrôle un accès stratégique à la capitale. Le contingent français en Afghanistan compte actuellement quelque 2.000 soldats, dont près d’un millier à Kaboul. Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière en Afghanistan depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d’intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l’une (l’Isaf) de l’Otan, l’autre sous commandement américain.

Dernière modification : 29/07/2008

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