CONSEIL DE L’ATLANTIQUE NORD CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, NICOLAS SARKOZY, DE LA CHANCELIERE DE LA REPUBLIQUE FEDERALE D’ALLEMAGNE, ANGELA MERKEL, ET DU SECRETAIRE GENERAL DE L’OTAN, JAAP DE HOOP SCHEFFER

Strasbourg, 4 avril 2009

- PROPOS DE M. SARKOZY -

Je ne vais pas rappeler ce qu’a excellemment dit notre Secrétaire général. Juste deux ou trois remarques ; tout d’abord, la joie d’avoir travaillé avec Angela Merkel, le sommet du G20, le sommet de l’OTAN. Je veux réaffirmer la totale identité de vue sur tous les sujets. Encore hier soir, au dîner, sans trahir de secrets, Angela Merkel et moi, nous avions dit que ce sommet devait être conclusif y compris pour la nomination d’un Secrétaire général. Nous étions convaincus qu’il fallait une conclusion parce que le temps des sommets internationaux où l’on parle pour ne rien décider, est révolu. De ce point de vue, la force de l’axe franco-allemand compte. Et naturellement, Angela Merkel et moi, nous avions soutenu la candidature excellente de M. Rasmussen. Je me réjouis qu’il ait été désigné à l’unanimité comme nous l’avions demandé hier soir.

Deuxième élément, des remerciements au président Obama qui s’est engagé puissamment dans toutes les décisions que nous avons prises. C’est son premier sommet de l’OTAN, cela a été facile de travailler avec lui. Il a tenu son leadership, il a tenu ses engagements et pour nous, entendre le président des Etats-Unis dire : "il faut une Europe de la défense, il faut une Europe plus présente dans la structure atlantique, il faut des alliés debout et des alliés forts", c’est quelque chose qui répond à l’engagement de la France de reprendre toute sa place dans le commandement intégré.

Enfin, troisièmement, nous militions, Angela Merkel comme moi, pour que l’Europe prenne plus sa place dans l’Organisation atlantique. Eh bien, c’est le cas. Je dis à tous les Français qu’avec une France qui reprend toute sa place au sein de l’Organisation, l’Europe pèsera davantage.

Je voudrais remercier, à mon tour, le Secrétaire général pour l’excellence de son travail. C’est donc une histoire internationale qui a commencé il y a quatre jours : deux sommets conclusifs, deux sommets opérationnels, deux sommets dont les décisions vont pouvoir changer le cours des choses et préparer l’avènement d’un nouveau monde. C’est ce que nous souhaitions.

Q - Plusieurs formateurs espagnols, 65 soldats belges, 150 gendarmes français. Cette énumération, même si elle s’accroît dans les jours qui viennent par d’autres contributions européennes est cruelle comparée à 21.000 soldats américains supplémentaires. Est-ce que vous ne craignez pas que, dans la conduite de la guerre en Afghanistan, on assiste à une américanisation de plus en plus marquée de cette guerre et à terme, américanisation de plus en plus marquée de l’Alliance atlantique ?

R - Qu’il me soit permis de rendre hommage au sens de l’humour de M. Zecchini. En vérité, et moi qui le connais bien, vous n’avez pas compris qu’il y avait une volonté de détendre l’atmosphère, dire que l’Europe a moins d’influence au sein de l’OTAN alors même que le nouveau président des Etats-Unis vient de présenter la nouvelle stratégie américaine qui correspond point pour point à ce que les Européens demandaient depuis des mois et des années. Je le dis très gentiment, c’est une forme de provocation bien sympathique, mais qu’il me soit permis de vous dire que, sur le fond des choses, c’est la thèse qui a toujours été défendue par l’Europe sur l’Afghanistan, qui est en train de triompher et le président des Etats-Unis, avec son pays, a fait mouvement vers cette thèse.

Deuxièmement, je ne savais pas que M. Rasmussen était un Américain, que nous venions de désigner un Secrétaire général américain. Je n’avais pas immédiatement compris. Mais je rappelle qu’il est profondément européen et même qu’il y a eu un débat hier soir de certains membres non européens qui nous disait : "quand même, l’Europe vous êtes fort dans l’OTAN mais ne prenez pas tous les pouvoirs".

Vous voyez, au fond, quand on est à la table de discussion et de décision, on n’a pas toujours la même vision que quand on est à l’extérieur de la salle où se prennent les décisions.

Q - Comment avez-vous réussi à convaincre le Premier ministre turc, M. Erdogan ?

R - C’est une nouvelle étape dans le lien transatlantique. Profondément, on peut avoir des désaccords, on en a eu au G20 mais on fait partie de la même famille. Dans une famille, il peut y avoir des désaccords. On a le devoir de les régler dans un climat constructif. Chacun a fait un effort et je crois que l’époque des malentendus, des soupçons respectifs, est oubliée. Ecoutez, on a tellement de vrais problèmes à régler : crise économique, engagement en Afghanistan, tous les conflits régionaux qui existent. Franchement, concentrons-nous sur les vraies difficultés du monde et non pas sur les problèmes d’ego, les susceptibilités, les malentendus. Nous, en Europe, nous voulons travailler avec les Etats-Unis. Les Etats-Unis veulent travailler avec nous. C’est une bonne nouvelle. Alors qu’il y a tant de sujets de division, de guerre et d’affrontement dans le monde, ce rassemblement entre les Etats-Unis et l’Europe porte ses fruits.

Comme on se le disait d’ailleurs, je me demandais si vous alliez me demander si c’était une nouvelle étape de l’axe franco-allemand. Peut-être que jusqu’à présent Mme Merkel et moi, on avait géré cet axe comme nos prédécesseurs, du mieux possible et aussi avec des hésitations. Mais je pense, qu’entre l’Allemagne et la France, on a vu que quand on décidait de prendre des initiatives ensemble, cela avait une force considérable. Franchement, je suis très fier et très heureux de ce qu’on a fait avec Angela.

Q - Une question pour le Secrétaire général : le président Barack Obama a promis d’envoyer davantage de troupes en Afghanistan. Je me demande si vraiment l’OTAN va envoyer plus de troupes ?

(…)

R - Demande unanime que les droits de la femme et les droits de l’Homme soient défendus et soient respectés par le gouvernement afghan. D’une législation récente, nous demandons qu’il y ait une nouvelle délibération du Parlement conforme à la constitution afghane. Nous sommes là-bas pour défendre des valeurs. Ces valeurs concernent tout le monde et spécialement le gouvernement que l’on aide. Nous ne sommes pas décidés à transiger sur ces valeurs. Les femmes ont des droits, il y a les droits de l’Homme qui sont aussi naturellement les droits de la femme, les droits de l’Homme au sens de l’être humain. Et nous ne sommes pas décidés à transiger là-dessus. Personne, aucun d’entre nous. Je pense que le message a été reçu directement.

Q - Une question sur le prochain Secrétaire général, vous avez dit que ce n’était pas une question de personnalité alors qu’il y a des grands problèmes dans le monde. Mais la Turquie a dit qu’il y avait un problème, que c’était une question de respect pour le monde musulman. Est-ce là un domaine où M. Rasmussen pourra lancer, construire un pont ?

R - Il soutient les droits de l’Homme, c’est un démocrate. Il n’y avait aucune raison qu’il y ait quelque présupposé sur lui. Et en terminant, qu’il me soit permis de remercier la ville de Strasbourg, la ville de Baden-Baden aussi, la ville de Kehl. La ville de Strasbourg qui nous a merveilleusement accueillis, certainement. Je voudrais remercier les habitants d’avoir supporté les gênes, que peuvent pour leur vie quotidienne, générer un sommet de cette importance. Merci à tous./.

Dernière modification : 10/09/2009

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