Chirac : la France est prête à "durcir son dispositif" en Afghanistan

"En soutien et en solidarité avec nos alliés, la France a décidé, à effectif constant, de durcir son dispositif" en Afghanistan, a déclaré mardi soir le président Jacques Chirac lors du dîner des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN à Riga (Lettonie), selon des éléments transmis mercredi par ses services. La France compte pour l’heure 1.100 hommes en Afghanistan, chargés du secteur de Kaboul. "Nous allons déployer deux hélicoptères Cougar et nous allons autoriser, au cas par cas, l’emploi de nos forces en dehors de leur secteur de Kaboul", a déclaré le chef de l’Etat. Par ailleurs, "nous sommes prêts à renforcer notre détachement d’avions de combat. Il ne doit y avoir aucun doute sur notre détermination commune à réussir la mission que nous avons engagée", a assuré Jacques Chirac. Mais "en Afghanistan, la dimension militaire ne suffit pas : nous devons inscrire notre action dans le cadre d’une stratégie globale", a-t-il estimé. "C’est pourquoi je propose la mise en place d’un groupe de contact qui rassemble les principaux pays concernés et les organisations internationales, comme cela existe au Kosovo". Lors de la reprise des travaux mercredi matin à Riga, Jacques Chirac a par ailleurs souligné que "la transformation de l’Alliance ne doit pas modifier sa nature militaire, mais au contraire renforcer le lien entre Nord-Américains et Européens", selon des éléments de son intervention transmis par l’Elysée. Le président américain George W. Bush notamment plaide pour une "OTAN globale", qui élargirait son champ de compétence pour devenir un forum politique, ainsi que son terrain d’action, qui ne se limiterait plus à l’Europe. Les Etats-Unis souhaitent aussi associer davantage à cette nouvelle Organisation des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon ou la Corée du Sud. Une évolution à laquelle la France est hostile, Paris souhaitant recentrer l’Alliance sur ses missions militaires. Jacques Chirac a donc souhaité "mieux associer, au cas par cas, les Etats qui sont prêts à s’engager sur le terrain avec nous. Mais ce sont les Nations unies qui doivent rester la seule enceinte politique à vocation universelle", a-t-il prévenu. Par ailleurs, l’OTAN doit "prendre en compte le rôle croissant de l’Union européenne au service de la paix" : "une Alliance atlantique où les Européens pourraient parler d’une seule voix, quand ils ont adopté une position commune, serait une Alliance plus forte".

La France n’a "pas l’intention d’augmenter ses effectifs" en Afghanistan

RIGA (AP) — "Nous n’avons pas l’intention d’augmenter nos effectifs" en Afghanistan, a prévenu mercredi Jacques Chirac à l’issue du sommet de l’OTAN à Riga (Lettonie). Plusieurs pays demandent des renforts dans les zones de combat. Si la France a accepté quelques "aménagements" à sa mission, "je ne suis pas disposé à aller au-delà", a dit le président français. En Afghanistan, "je ne pense pas que la solution soit exclusivement militaire", a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, en plaidant pour une "coopération étroite entre responsables de la sécurité et responsables de l’aide au développement". Evoquant le rôle de l’OTAN en général, Jacques Chirac a réaffirmé que l’Alliance était à ses yeux une "une structure militaire de défense entre l’Amérique du Nord et l’Europe ; elle le reste". En particulier, "il n’a jamais été question d’étendre l’OTAN à l’Asie". L’OTAN "ne peut fonctionner convenablement qu’en tant que structure militaire de défense entre les Etats-Unis et l’Europe", a insisté le président français.

Afghanistan : la France va déployer deux hélicoptères pour aider dans le sud

RIGA, 29 nov 2006 (AFP) - Le président français Jacques Chirac a annoncé que la France allait déployer deux hélicoptères Cougar pour le transport de troupes ou les évacuations sanitaires en vue d’aider les forces alliées combattant les talibans dans le sud et l’est de l’Afghanistan, a rapporté mercredi l’Elysée. Il a également confirmé que des soldats français pourraient renforcer "au cas par cas" les troupes alliées, au cours du dîner des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Otan mardi soir à Riga qui était consacré à l’Afghanistan. "En soutien et en solidarité avec nos Alliés, la France a décidé, à effectif constant, de durcir son dispositif", a dit M. Chirac, selon le texte de son intervention. "Nous allons déployer deux hélicoptères Cougar et allons autoriser, au cas par cas, l’emploi de nos forces en dehors de leur secteur de Kaboul", a-t-il indiqué. Les hélicoptères Cougar peuvent transporter une vingtaine de soldats ou, en version sanitaire, une dizaine de blessés. "Nous sommes prêts à renforcer notre détachement d’avions de combat", a-t-il ajouté. La France a déployé environ 1.100 hommes à Kaboul et s’est jusqu’à présent opposée à leur emploi en dehors de la capitale, malgré les appels pressants du commandement de l’Otan, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. La recrudescence des attaques des talibans a fait une centaine de morts depuis le début de l’année parmi les soldats de l’Otan. Le président français a indiqué que "50 éléments de liaison" seraient "également mis en place au sein des bataillons afghans".

Dernière modification : 23/01/2008

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