En Afghanistan, Hervé Morin rend un hommage appuyé aux soldats français

KABOUL, 20 juil 2008 (AFP) - Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a rendu hommage aux soldats français déployés en Afghanistan, "où se joue une partie de la sécurité de la France", au cours d’une visite de deux jours. Lors d’un entretien avec le président Hamid Karzaï, le ministre de la Défense a rappelé le soutien de la France tout en affirmant que la victoire en Afghanistan ne peut pas être que militaire. "La sécurité, la gouvernance, le développement, ce sont les trois axes majeurs pour redonner la sérénité à l’Afghanistan", a estimé M. Morin à son arrivée à Kaboul. Le ministre s’est aussi systématiquement employé à rendre hommage aux soldats français, alors que l’armée vit des relations inquiètes avec le pouvoir, dans le contexte de la publication du Livre blanc de la défense, avec son cortège de dissolution de régiments et après l’incident de Carcassonne. "A travers votre mission en Afghanistan, c’est une partie de notre sécurité qui se joue, une partie de la stabilité du monde, de la lutte contre le terrorisme et le narco-trafic", a-t-il déclaré samedi aux hommes du 8e Régiment parachutiste d’infanterie de marine, sur la base avancée de Nijrab, en Kapisa, au nord-est de Kaboul. Dans ce décor magnifique de montagnes aux crêtes découpées culminant à plus de 4.000 mètres d’altitude et surplombant des vallées à la végétation très dense, il a observé l’installation progressive des 700 hommes que le président Sarkozy a décidé d’envoyer en renfort en Afghanistan, après le sommet de l’Otan à Bucarest en avril. Si les violences sont moins fréquentes dans la province de Kapisa que dans le sud du pays, des incidents y sont régulièrement recensés, en particulier dans le district de Tagab, qui contrôle un accès stratégique à la capitale. Dimanche, ce sont les équipages de l’Armée de l’air et de l’Aéronavale qui ont eu droit aux félicitations du ministre, sur la base aérienne de Kandahar (sud). "Cela me fait plaisir de me trouver parmi vous, je me sens fier d’être français, fier de ce que vous vous faites ici", a affirmé le ministre devant les 170 hommes du détachement aérien français, composé de six appareils qui apportent un soutien aérien aux soldats de l’Otan et de la coalition aux prises avec les talibans. Le détachement intervient au profit de l’ensemble des troupes en Afghanistan, mais son activité se concentre dans les provinces du sud du pays, bastions de l’insurrection des talibans. Les soldats français sont aussi impliqués dans la formation de l’armée nationale afghane et Hervé Morin a rencontré dimanche des instructeurs français auprès de la 1e brigade du 201e corps de l’armée afghane, basés près de l’ancien palais royal en ruines de Darulaman. "Les Afghans sont des guerriers, il faut en faire des soldats. Mon message, c’est que davantage que les équipements, c’est d’abord la valeur des hommes qui fait une grande armée : la formation, le courage, la discipline", a-t-il déclaré. "Nos compatriotes ont du mal à comprendre que ce qui se joue en Afghanistan, c’est une partie de notre sécurité. Nous n’avons pas vocation à rester ici des décennies, mais autant que nécessaire", a-t-il réaffirmé. "Notre présence ici relève le niveau de l’armée française, le feu n’est plus seulement un concept théorique", a répondu au ministre un officier français. Le contingent français en Afghanistan compte actuellement quelque 2.000 soldats, dont près d’un millier à Kaboul. Au total, quelques 70.000 soldats étrangers sont déployés en Afghanistan, au sein de deux forces multinationales, l’une de l’Otan, l’autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).

Dernière modification : 04/08/2008

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