Hervé Morin rencontre les renforts déployés dans l’est de l’Afghanistan

FOB NIJRAB (Afghanistan), 19 juil 2008 (AFP) - Le ministre de la Défense Hervé Morin, en visite surprise en Afghanistan, s’est rendu samedi dans la base avancée de Nijrab, au nord-est de Kaboul, qui accueille l’essentiel des renforts francais en cours de deploiement dans le pays. "A travers votre mission en Afghanistan, c’est une partie de notre sécurité qui se joue, une partie de la stabilité du monde, de la lutte contre le terrorisme et le narco-trafic", a-t-il déclaré aux militaires français. Derrière le ministre se profile un décor magnifique et austère : des montagnes aux crêtes découpées qui culminent à plus de 4.000 mètres d’altitude, surplombant des vallées à la végétation très dense. "Nous avons déjà eu quatre accrochages, des engins explosifs et des embuscades de bandes armées comptant 5 à 10 personnes", explique au ministre le colonel Jacques Aragones, commandant les 700 hommes de la Task Force Kapisa, constitués majoritairement de soldats du 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine (8e RPIMa) de Castres. Les deux tiers d’entre eux vont être affectés à la base avancéee de Nijrab, à 20 minutes en hélicoptère de Kaboul mais plus d’une demi-journée par la route. Le reste sera établi dans la base de Tagab, 18 km plus au sud. La base de Nijrab était jusqu’à présent occupée par des soldats américains. Les conditions de vie sont spartiates : les soldats logent sous tente et se nourrissent de rations militaires. La poussière est omniprésente. "Les valeurs de l’armée francaise sont la rusticité et la débrouillardise, je compte sur vous pour les mettre en application ainsi que pour nouer des relations de confiance avec la population locale", a déclaré Hervé Morin devant les soldats. La France avait annoncé début avril au sommet de l’Otan à Bucarest le déploiement d’un bataillon français supplémentaire de 700 hommes au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf). Ces renforts sont en cours de déploiement dans la province de Kapisa, au nord-est de Kaboul, et le bataillon devrait être au complet fin août. Si les violences sont moins fréquentes dans la province de Kapisa que dans le sud du pays, des incidents y sont régulièrement recensés, en particulier dans le district de Tagab, qui contrôle un accès stratégique à la capitale. Hervé Morin est arrivé en début de matinée à Kaboul, où il a notamment rencontré le président Hamid Karzai, le ministre afghan de la Défense et des responsables militaires francais et américains. Sa visite se poursuivra dimanche, où il doit saluer le détachement de l’Armée de l’Air stationné à Kandahar, dans le sud du pays. M. Morin s’est déjà rendu en Afghanistan à deux reprises, en septembre et en décembre 2007, pour de brèves visites. "Je suis venu apporter un message de solidarité et de confiance aux hommes du 8e RPIMa et dire aux autorités afghanes que la victoire ne peut pas être que militaire. La sécurité, la gouvernance, le développement, ce sont les trois axes majeurs pour redonner la sérénité à l’Afghanistan", a déclaré M. Morin à son arrivée. Selon lui, "l’essentiel des forces rebelles provient désormais des pays voisins, notamment du Pakistan, dans un rapport de 80 à 20 (20% d’Afghans). Il ne s’agit pas de diaboliser le Pakistan mais de lui rappeler ses responsabilités". "Il n’y a pas d’autre choix" que la présence militaire internationale. "Partir serait une idée folle, il ne faut pas oublier ce qu’était le régime des talibans, un joug abominable", a ajouté M. Morin. Le contingent français en Afghanistan compte actuellement quelque 2.000 soldats, dont près d’un millier à Kaboul. Près de 170 militaires servent également à Kandahar, où sont stationnés trois Super-Etendard et trois Mirage 2000D qui apportent un soutien aérien.

Dernière modification : 04/08/2008

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