Iran, terrorisme et réforme de l’Otan au conclave de Munich sur la défense

BERLIN, 2 fév 2006 (AFP) - Le contentieux nucléaire avec l’Iran et le terrorisme s’invitent de vendredi à dimanche à la Conférence sur la sécurité de Munich, dont le thème, l’avenir de l’Otan, verra l’entrée en lice de la chancelière allemande Angela Merkel sur les questions de défense.
Une délégation iranienne menée par un de ses négociateurs sur le dossier nucléaire, Javad Vaïdi, côtoiera dans la métropole bavaroise le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, et les ministres de la Défense russe, Sergueï Ivanov, britannique, John Reid, et française, Michèle Alliot-Marie.
Le faucon de l’administration Bush, invité phare du rendez-vous annuel de Munich, devrait aborder samedi un de ses thèmes favoris, la "guerre" menée par les Etats-Unis "contre le terrorisme", selon les organisateurs. Quant au bras de fer entre les Iraniens et la communauté internationale sur le nucléaire, il sera au centre des préoccupations. 300 délégués de 50 états, dont une quarantaine de ministres, participent dans le cadre élégant de l’hôtel Bayerischer Hof à cette 42ème édition du Gotha de la défense, organisé par Horst Teltschik, président de Boeing-Allemagne et ancien conseiller de l’ex-chancelier conservateur Helmut Kohl.
Le secrétaire général de l’Otan, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, et l’Espagnol Javier Solana, haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, seront présents. Officiels, hauts responsables militaires, élus et experts se pencheront à nouveau, avec un regard très atlantiste, sur les déséquilibres de la sécurité mondiale, à commencer par les foyers de conflit : Proche-Orient, après la victoire du Hamas aux élections dans les Territoires palestiniens, l’Afghanistan, l’Irak, le Kosovo, l’Afrique (Darfour, RDCongo).
Le rôle de la Russie dans l’équilibre européen et de l’Asie dans la sécurité mondiale devraient aussi être évoqués dimanche. Invitée à ouvrir la conférence, dont le thème officiel est "Europe et Etats-Unis : la restauration du partenariat transatlantique", Angela Merkel dévoilera samedi matin sa vision de l’Otan. Washington et Paris, qui n’ont pas la même approche, devraient écouter très attentivement. Depuis son arrivée au pouvoir fin novembre en effet, elle a défini l’affirmation de l’identité européenne et le partenariat transtlantique comme les deux pivots de la politique étrangère allemande, mais elle s’est peu exprimée sur la défense. Ses porte-parole ont annoncé son discours comme "fondateur" en la matière. Parmi les nombreux apartés de la conférence, la chancelière a prévu des entretiens bilatéraux avec Donald Rumsfeld et le président géorgien, Mikheïl Saakashvili, qui vient de s’affronter durement au Kremlin autour de l’approvisionnement de son pays en gaz.
Deux écoles s’opposent sur la transformation de l’Otan, qui doit être le sujet du sommet de Riga (Lettonie) en novembre : Une approche américaine, selon laquelle l’Alliance doit devenir une organisation mondiale aux rôles multiples, depuis l’intervention dans les séismes, comme ce fut le cas au Pakistan, à la lutte contre les bio-menaces et le terrorisme. Des pays comme l’Australie ou le Japon ont été sondés sur une association possible avec l’Otan.
L’autre école estime qu’une telle approche est coûteuse et qu’il convient de renforcer l’Europe de la défense, dès lors que l’UE est mieux à même d’intervenir. "Face aux grands enjeux, les pôles américain et européen doivent travailler main dans la main. Mais l’Otan ne doit pas devenir un forum unique de la concertation stratégique. Elle est très importante comme alliance militaire, doit réussir en Afghanistan et au Kosovo et ne pas s’éparpiller", soulignait-on ainsi dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie.

Dernière modification : 23/01/2008

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