L’Otan en Serbie : oublier le passé pour bâtir un avenir commun

BELGRADE, 20 déc 2006 (AFP) - Installé par une curieuse ironie de l’histoire dans un des bâtiments de Belgrade bombardés par l’Otan en 1999, le premier représentant de l’Alliance en Serbie souhaite oublier le passé et aider le pays à intégrer les institutions euro-atlantiques. "Je m’inscris plus dans le futur que dans le passé. Je suis là pour bâtir un meilleur avenir de la Serbie", a déclaré à l’AFP le général français Yannick Asset, chef du bureau de liaison de l’Otan, ouvert lundi dernier dans la capitale serbe. Ce passé il le voit pourtant de la fenêtre de son bureau qui donne sur l’un des bâtiments du ministère serbe de la Défense, éventré par les bombes de l’OTAN. En mars 1999, l’Alliance avait bombardé la Serbie pendant 78 jours pour contraindre le régime de Milosevic à cesser la répression, sur fond de nettoyage ethnique, contre les séparatistes albanais du Kosovo. Cette campagne militaire avait provoqué l’hostilité et la méfiance des Serbes vis-à-vis de l’Otan. "Nous sommes ici à la demande de la Serbie et nous ferons tout ce qui est possible pour qu’elle puisse avancer dans le cadre des intégrations euro-atlantiques", souligne le général Asset nommé pour une mission d’un an. L’ouverture du bureau est intervenue alors que la Serbie vient de signer un accord d’adhésion au Partenariat pour la Paix (PPP), première étape vers son éventuelle intégration à l’Alliance atlantique. "La cérémonie d’ouverture avait une signification à la fois politique et symbolique parce que ça s’est passé deux semaines après l’invitation de la Serbie à rejoindre la Partenariat pour la Paix et deux jours seulement après la signature de l’accord d’adhésion", souligne le général Asset. Sa mission principale sera la mise en oeuvre des accords de transit signés entre l’Otan et la Serbie et Monténégro (maintenant la Serbie) en juillet 2005 permettant le passage des forces de l’Otan de Bosnie vers le Kosovo par le territoire serbe. Mais, c’est de la Serbie seule que dépendra le rythme de son accession à l’Otan. "Dans le Partenariat pour la paix il n’y a pas de programme préétabli qui forcerait la main de la Serbie. Chaque pays adhère au rythme qu’il veut. La Serbie décidera quelles actions elle s’engagera à avoir dans le cadre du Partenariat pour la Paix", explique le général Asset. L’invitation de la Serbie au PPP a marqué un changement de politique de la part Alliance qui avait jusqu’alors préféré maintenir la pression sur Belgrade pour obtenir une meilleure coopération avec le Tribunal pénal international de La Haye. En acceptant la Serbie dans le PPP, les dirigeants des 26 pays de l’Otan ont toutefois souligné qu’ils attendaient qu’elle livre les fugitifs réclamés par la justice internationale. En particulier les anciens chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic et Radovan Karadzic, principaux inculpés pour le massacre de près de 8.000 musulmans à Srebrenica lors de la guerre de Bosnie (1992-1995). "Les obligations vis-à-vis du Tribunal pénal international sont faites à la Serbie et le bureau n’a aucune action, aucune responsabilité dans ce domaine. C’est la responsabilité pleine et entière de l’Etat serbe", a précisé le général Asset.

Dernière modification : 23/01/2008

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