La France appelle à cesser de regarder l’Otan et l’UE comme concurrents

La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie a appelé mardi à cesser de regarder les relations de l’Otan et de l’Union européenne en terme de concurrence, lors d’un discours devant l’Assemblée parlementaire de l’Alliance atlantique réunie à Paris. "Cessons de regarder les relations de l’Otan et de l’UE en terme de concurrence car nous ne sommes pas aujourd’hui, et nous ne serons pas demain, dans une situation où nous nous disputerons la gloire et la possibilité de régler un conflit. Il y a dans les années à venir tant de conflits et tant de crises que nous pouvons pressentir aujourd’hui, qu’il n’y aura pas trop et de l’Otan et de l’UE pour apporter des solutions à la nécessaire stabilisation de notre planète. Le problème sera plutôt de savoir quel conflit, quelle crise nous allons réussir effectivement à prendre en charge, en en laissant probablement d’autres, que de nous dire qu’il n’y a qu’un os à ronger que nous nous disputons". Mme Alliot-Marie a insisté sur "la complémentarité entre l’Otan et l’Europe de la Défense", qui doit être considérée comme "un atout pour l’une comme pour l’autre". Ainsi, la relève de l’Alliance par l’Union européenne en Bosnie, en Macédoine, "un jour peut-être au Kosovo", permet à l’Otan "de concentrer ses efforts sur l’Afghanistan". A quelques mois du prochain sommet de l’Otan, fin octobre à Riga (Lettonie), la ministre a réitéré son souhait de ne pas voir l’Alliance se perdre dans "des missions pour lesquelles elle n’est pas équipée", citant notamment la reconstruction civile qui "n’est pas de son ressort". "Qui trop embrasse, mal étreint", a-t-elle rappelé, sous de nouveaux applaudissements. Soulignant que l’Otan "reste un instrument indispensable de notre sécurité", Mme Alliot-Marie a ajouté que "cet effort collectif ne doit cependant pas se substituer à l’effort indispensable de chacun en matière d’équipement". "Face à la montée prévisible des risques, chaque pays doit prendre ses responsabilités", a-t-elle par ailleurs insisté, alors que la plupart des pays membres de l’Otan consacrent moins de 2% de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses en matière de défense. Elle a aussi souhaité que l’Alliance ne se présente pas "comme une organisation chargée de promouvoir la démocratie dans le monde, face au Grand Moyen-Orient, à la Chine ou à la Russie". "Ce serait contre-productif et risquerait de pousser à un conflit de civilisations que nous cherchons à éviter".

Dernière modification : 17/01/2008

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