- La France va plaider à Munich pour que l’Otan reste un instrument militaire

PARIS, 2 fév 2006 (AFP) - La France plaidera ce week-end pour un renforcement des relations transatlantiques mais elle estime que l’Otan doit rester avant tout un instrument militaire, lors de la 42e conférence sur la sécurité à Munich.

La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie interviendra samedi matin, après le discours d’ouverture de la chancelière allemande Angela Merkel sur l’avenir des relations transatlantiques, et celui du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, et avant celui de son homologue britannique John Reid. Le thème officiel de la conférence porte sur "l’Europe et les Etats-Unis, le renouvellement du partenariat transatlantique".

"Face aux grands enjeux, les pôles américain et européen doivent travailler main dans la main. Mais l’Otan ne doit pas devenir un forum unique de la concertation stratégique", au détriment d’autres organisations comme l’Onu ou l’Union européenne, indiquait-on dans l’entourage du ministre. "L’Otan est très importante comme alliance militaire, elle doit réussir en Afghanistan et au Kosovo, mais ne doit pas s’éparpiller", a-t-on ajouté.

Cette conférence se situe dans la perspective du prochain sommet de l’Otan à Riga fin 2006, sur la transformation des structures et du rôle de l’Alliance. Les Américains et le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer considèrent que l’Alliance a une nouvelle mission : la promotion de la démocratie dans le monde, a souligné une source diplomatique.
Mais la France ne partage pas cette analyse. Si l’Otan multiplie ses missions, cela va conduire à un accroissement exponentiel des dépenses de l’Alliance, ajoute cette source.

Cet argent sera autant de moins pour les budgets de la défense, pour moderniser les équipements, pour répondre aux besoins d’opérations comme celles menées en Afghanistan et au Kosovo, poursuit-elle.

Selon elle, la mission de 90 jours que l’Otan vient de terminer au Pakistan pour porter secours aux rescapés du séisme d’octobre ne doit pas devenir "une mission normale de l’Alliance".
"Cela a coûté très cher et d’autres organisations sont mieux outillées pour le faire : les ONG, l’ONU...", a ajouté cette source diplomatique.

Le président Jacques Chirac avait souligné, lors des voeux du corps diplomatique, que la vocation de l’Alliance était militaire et que là était le coeur de sa légitimité, rappelle-t-on à l’Elysée.
"L’Alliance est essentielle, elle a de vraies missions mais nous avons tous des moyens limités, alors il ne faut pas les gaspiller n’importe comment", a-t-on fait valoir dans l’entourage de Mme Alliot-Marie.

Dernière modification : 17/01/2008

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