La défense européenne ne sera pas "un appendice" de l’Otan (24.06.2008)

Paris refuse de faire de la défense européenne "un appendice" de l’Otan

BRUXELLES, 24 juin 2008 (AFP) - La France refuse de laisser la défense européenne être "un simple appendice" de l’Otan, a averti mardi à Bruxelles le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet. "Il n’est pas question de faire de la politique européenne de sécurité un simple appendice civilo-militaire de l’Otan, alors que la France va réintégrer le commandement intégré" de l’Alliance, a-t-il affirmé lors d’un colloque organisé par l’Institut Français des Relations Internationales. "Toutes les composantes de la politique européenne de sécurité restent européennes. Il ne doit pas y avoir de confusion entre les deux", a-t-il ajouté, insistant sur "la complémentarité de la défense européenne et de l’Otan". Jean-Pierre Jouyet a toutefois reconnu que la relance de la défense européenne serait, de tous les objectifs affichés par la présidence française de l’UE, "le plus affecté par le non des Irlandais au traité de Lisbonne". Les Irlandais sont très jaloux de leur neutralité et l’un des arguments de la campagne des opposants au traité de Lisbonne a été la menace qu’il ferait peser sur cette neutralité. "Or la politique européenne de sécurité dépend de la volonté politique" des Etats membres. Pendant sa présidence, la France va notamment chercher à "renforcer les capacités opérationnelles civiles et militaires pour la gestion et la conduite de crises. Nous devons pouvoir mieux planifier et conduire les opérations militaires et civilo-militaires". Leur neutralité n’empêche pas les Irlandais d’être engagés par exemple dans la force européenne (Eufor) déployée au Tchad et en République centrafricaine. Commandé par un général irlandais, Patrick Nash, l’Eufor a mandat de veiller à la sécurité d’une mission de police de l’ONU, de faciliter le travail des humanitaires et de protéger les réfugiés du Darfour dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que les déplacés tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes.

Dernière modification : 25/06/2008

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