Le Président de la République défend la normalisation avec l’Otan

PARIS, 17 juin (Reuters) - Nicolas Sarkozy a de nouveau défendu mardi, à l’occasion de la sortie du Livre blanc sur la défense, sa décision de ramener la France dans les structures de commandement intégré de l’Otan qu’elle a quittées en 1966. La France est un des membres fondateurs de l’Alliance atlantique et aujourd’hui l’un de ses principaux contributeurs en troupes, a rappelé le président de la République devant plus de 3.000 cadres des armées et de la sécurité intérieure. L’Alliance atlantique ne lie pas seulement des pays d’Europe et les Etats-Unis mais aussi des nations européennes entre elles, a-t-il également fait valoir. "La Guerre froide est terminée. En Europe, nos partenaires sont presque tous membres de l’Alliance et ils ne comprennent pas pourquoi nous persistons à nous tenir à part", a poursuivi Nicolas Sarkozy. La position de la France hors du commandement militaire de l’Otan entretient une méfiance sur son ambition européenne, notamment de la part des anciens pays du Pacte de Varsovie qui ont récemment rejoint l’Union européenne, a-t-il estimé. "Allez expliquer à des pays qui ont été maintenus sous une dictature communiste dans un Pacte de Varsovie qui faisait régner une main de fer sur la moitié de l’Europe, alors que nous nous étions du bon côté du Mur, que l’entrée dans l’Alliance est une mise en cause de leur indépendance, vous n’aurez guère de succès, parce que pour ces pays, l’Otan est le syumbole de leur sécurité retrouvée", a lancé le chef de l’Etat. Conséquence, a-t-il dit : "On n’européanise pas assez l’Otan et on ne fait pas avancer l’Europe de la défense." Aujourd’hui, la France n’est plus, en fait, absente que de deux instances spécialisées, créées après son retrait de l’organisation militaire de l’Alliance en 1966 : le Comité des plans de défense et le Groupe des plans nucléaires. La présence française dans les structures permamentes de commandement de l’Otan est par ailleurs limitée à une centaine d’officiers, qui disposent d’un statut particulier en vertu d’un accord de 2004. Le Livre blanc estime que le Comité des plans de défense fonctionne par consensus et que la participation de la France n’entamerait donc pas sa souveraineté nationale. En revanche, il estime que la participation au Groupe des plans nucléaire "pose un problème de nature différente" compte tenu de l’indépendance complète des moyens nucléaires français. Il se prononce pour un "nouveau rapprochement" avec la structure de commandement de l’Otan à condition de respecter trois principes :

- la liberté d’appréciation des autorités françaises, ce qui implique la non-automaticité de la contribution de la France à des interventions de l’Otan ;

- l’indépendance nucléaire de la France ;

- la liberté de décision sur l’engagement de forces, ce qui signifie qu’aucune force française ne sera placée en permanence sous le commandement de l’Otan en temps de paix.

Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il faisait "intégralement" siens ces principes. Si la France reprenait "toute sa place dans l’Otan" sur la base de ces principes, cela permettrait de faire plus de place à l’Europe au sein de l’Alliance atlantique. Il a cependant estimé qu’il fallait au préalable relancer la défense européenne dans les prochains mois.

Dernière modification : 19/06/2008

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