Les Rafale français sortent leurs griffes dans le ciel afghan - AFP (01.04.07)

DOUCHANBE, 1 avr 2007 (AFP) - Un Rafale s’élance dans un bruit de tonnerre de Douchanbé, capitale du Tadjikistan, en direction de l’Afghanistan voisin : trois heures plus tard, il larguera une bombe pour désengager des forces américaines aux prises avec des talibans. Le fleuron de l’armée de l’air française a connu dimanche son baptême du feu, lors de la première opération du chasseur-bombardier en situation de conflit. Trois Rafale biplaces de l’escadron de chasse de Saint-Dizier (Haute-Marne) sont arrivés à Douchanbé le 12 mars. Venus renforcer autant de Mirage 2000D déjà sur place dans le cadre de la mission Serpentaire de soutien aérien à la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, ils ont effectué une trentaine de sorties depuis. Leurs cousins germains de l’aéro-navale, embarqués sur le porte-avions Charles-de-Gaulle qui croise dans l’Océan indien, opèrent également dans le ciel afghan. L’un d’eux avait déjà tiré une "bombe guidée laser" de 250 kg dans le sud du pays pour dégager des soldats néerlandais aux prises avec des talibans, une première aussi pour la Marine. A Douchanbé, le lieutenant-colonel Louis Péna, navigateur et "patron" du détachement des chasseurs français, ne tarit pas d’éloges sur le Rafale. (...) Les menaces ne manquent pas sur le théâtre afghan, à commencer par une géographie tourmentée. "Vous pouvez survoler des montagnes couvertes de neige qui culminent à 5.000 mètres et un quart d’heure plus tard, une plaine où souffle un vent de sable", explique le lieutenant-colonel Péna. Mais il y a aussi, selon un autre officier français, ces missiles sol-air portables. (...) A ces risques s’ajoute la durée des sorties : quatre à six heures pendant lesquelles l’équipage doit rester parfaitement concentré. La chasse française apporte un appui aérien aux troupes alliées au sol. Ce sont elles qui appellent à l’aide, elles aussi qui désignent les objectifs aux avions. "Si l’urgence est telle qu’il faut assurer un tir, nous sommes capables de tirer et c’est la partie la plus spectaculaire", dit Péna. Mais il suffit parfois d’une simple démonstration de force : un passage en "radada" dans un grand vacarme. Une règle d’or cependant : "en cas de doute, pas de doute, on ne tire pas", explique-t-il. Avant d’ouvrir le feu, il faut être certain de ne pas toucher ses propres troupes ou de ne pas faire des victimes civiles.

Dernière modification : 24/01/2008

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