Les opérations de l’OTAN [en]

Au début des années 1990, la fin de la Guerre froide entraîne de profonds bouleversements dans l’environnement de sécurité international. L’Alliance est alors appelée à prendre de nouvelles responsabilités, au sein de la communauté internationale :

D’abord à des fins défensives :

En 1990 et 1991, lors de la première guerre du Golfe, l’OTAN déploie à Konya (Turquie) des avions de l’OTAN dotés de systèmes aéroportés de détection (AWACS) ainsi que des systèmes de défense aérienne pour suivre l’évolution de la crise et assurer une couverture du sud-est de la Turquie en cas d’attaque irakienne , dans le cadre des opérations Anchor Guard puis Ace Guard. En 1992, l’Alliance intensifie aussi a surveillance aérienne assurée par les AWACS en Méditerranée centrale, dans le contexte de tensions grandissantes avec la Libye (opération Agile Genie).

L’opération Active Endeavour est la première opération de lutte contre le terrorisme conduite par l’OTAN, lancée à la suite des attentats du 11 septembre 2001 et de l’activation par les Etats-Unis de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Elle assure la détection et la dissuasion des activités terroristes en Méditerranée de 2003 à 2016

Depuis l’intervention militaire illégale menée par la Russie en Ukraine en 2014, l’OTAN prend des mesures de réassurance supplémentaires au bénéfice de ses Etats membres, mises en œuvre en temps de paix. Parmi ces mesures figurent des missions de police du ciel. Dans ce cadre, l’OTAN peut détecter, suivre et identifier toutes les violations à son espace aérien, et prendre les mesures nécessaires. Des avions de combat alliés effectuent des patrouilles dans l’espace aérien des Nations qui ne possèdent pas leurs propres chasseurs. La police du ciel constitue l’une des trois forces qui contribuent à titre permanent aux efforts de défense collective de l’Alliance. Les deux autres composantes sont les forces maritimes permanentes de l’OTAN, et le système de défense aérienne intégrée de l’Organisation.

A des fins humanitaires :

En 1992, l’OTAN contribue à des actions humanitaires en Russie et dans d’autres pays membres de la Communauté d’États indépendants, dans le cadre des opérations Allied Goodwill 1 et 2.

L’Alliance intervient à nouveau en vue d’améliorer la situation humanitaire dans le Darfour, en soutien de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), de 2005 à 2007 : l’OTAN assure le transport aérien des personnels de la mission des Nations Unies, forme et appuie plus de 250 responsables de cette mission.

En octobre 2005, suite à un tremblement de terre qui frappe le Pakistan, et en réponse à une demande de ce pays, l’OTAN achemine par voie aérienne 3 500 tonnes de fournitures et déploie ingénieurs, unités médicales et matériels spécialisés. Cette initiative d’aide humanitaire, l’une des plus importantes organisées par l’OTAN, s’achève en février 2006.

Au fil des ans, l’Alliance contribue à coordonner l’aide fournie à d’autres pays touchés par des catastrophes naturelles (Turquie, Ukraine, Portugal, Etats-Unis), à travers le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe.

Acheminement d’aide humanitaire au Pakistan

Puis à des fins de réponse aux crises :

En 1993, et en soutien des Nations Unies qui autorisent l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Bosnie-Herzégovine, l’OTAN lance l’opération Deny Flight. Elle fournit alors un appui aérien rapproché au sol à la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) et procède à des frappes aériennes afin de protéger les zones de sécurité désignées par l’ONU. Deux ans plus tard, l’OTAN assume à la place de la FORPRONU la responsabilité des opérations militaires en Bosnie-Herzégovine : elle déploie pour un an sa première opération de réponse aux crises, l’IFOR, forte de 60 000 hommes. Son action est suivie par celle de la Force de stabilisation (SFOR). La mission de la SFOR se termine le 2 décembre 2004, après qu’une force dirigée par l’Union européenne, l’opération Althea, a été déployée pour lui succéder.

Entre février et mars 1999, l’Alliance conduit une opération aérienne en Serbie-Monténégro pour mettre fin au conflit au Kosovo, puis déploie une mission au sol, la KFOR pour mettre fin à la violence généralisée et à la catastrophe humanitaire. À la suite de la déclaration d’indépendance du Kosovo en février 2008, l’OTAN décide de maintenir sa présence dans le pays sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU. Depuis, la KFOR participe au maintien d’un environnement sûr et sécurisé, et de la liberté de circulation au profit de tous. Elle contribue à la constitution d’une force de sécurité multiethnique et professionnelle pour le Kosovo, dotée d’un armement léger et chargée d’assumer des tâches de sécurité qui ne sont pas du ressort de la police.

L’OTAN conduit par ailleurs trois missions successives entre 2001 et 2003 pour assister à la stabilisation de l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine, à la demande du gouvernement de Skopje. A travers ces opérations, l’Alliance intensifie sa coopération avec l’Union européenne et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Dans un environnement sécuritaire global marqué par l’interpénétration croissante des menaces, l’Alliance se projette progressivement au-delà de l’espace euro-atlantique.

- En Afghanistan, l’OTAN prend en 2003 le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) dans le cadre de la résolution 1386 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette mission, qui constitue l’engagement opérationnel le plus important de l’histoire de l’Alliance (jusqu’à 51 Alliés et partenaires y ont contribué), prend fin le 31 décembre 2014.

Une nouvelle mission de l’OTAN non combattante, Resolute Support, est mise en place à partir de 2015. Répartis entre un pôle principal (Kaboul/Bagram) et quatre satellites (Mazar-i-Charif, dans le nord de l’Afghanistan, Herat, dans l’ouest, Kandahar, dans le sud, et Jalalabad, dans l’est), les personnels de Resolute Support fournissent assistance, conseil et formation aux institutions de sécurité afghanes. Ils soutiennent la planification, la programmation et la budgétisation, assurent la transparence, le respect de l’obligation de rendre compte et le contrôle, promeuvent le respect des principes de l’état de droit et de la bonne gouvernance, et contribuent à la mise en place et au soutien des processus qui concernent, entre autres, la génération de force, le recrutement, la formation, la gestion et le perfectionnement du personnel.

La mission de l’OTAN en Afghanistan constitue l’engagement opérationnel le plus important de l’Alliance à ce jour, avec plus de 16 000 effectifs engagés sur le théâtre. Au-delà de la mission Resolute Support, les Alliés et leurs partenaires ont pris l’engagement de soutenir le développement des forces armées afghanes à long terme, à travers le Fonds d’affectation spéciale pour les Forces armées afghanes (Afghan National Army Trust Fund). L’OTAN reste déterminée à entretenir un partenariat durable avec l’Afghanistan, caractérisé par le renforcement des consultations politiques et de la coopération pratique, dans le cadre du partenariat durable OTAN-Afghanistan conclu en 2010.

Troupes françaises au sein de la FIAS

- L’OTAN conduit à la demande du gouvernement intérimaire irakien, de 2004 à 2011, la Mission de formation en Irak (NTM-I) visant à mettre en place un secteur de la sécurité stable et placé sous contrôle démocratique. Parallèlement, pour renforcer cette initiative, l’OTAN définit avec le gouvernement intérimaire irakien un cadre de coopération structuré, afin de développer ses relations à long terme avec l’Irak. NTM-I se retire d’Irak le 31 décembre 2011, à l’expiration de son mandat, alors qu’aucun accord n’est trouvé sur le statut juridique des troupes de l’OTAN présentes dans le pays.

- A compter du 1er avril 2011, l’OTAN intervient en Libye en application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour protéger les populations civiles libyennes, dans le cadre de l’opération « Protecteur Unifié ». Cette opération fait suite aux actions engagées de façon coordonnée par la France et plusieurs autres alliés le 19 mars 2011. Conformément aux résolutions 1970 et 1973, l’opération comprend plusieurs volets : la mise en œuvre d’un embargo aérien et maritime sur les armes à destination du régime libyen, la mise en œuvre d’une "zone d’exclusion aérienne" pour prévenir toute attaque aérienne contre la population et la conduite d’opérations de frappe destinées à empêcher de nouvelles exactions contre la population libyenne. L’opération s’achève le 31 octobre 2011, après avoir pleinement rempli son mandat.

- Au Sommet de Varsovie de 2016 les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance décident d’apporter un soutien direct à la Coalition internationale contre Daech. Ils mettent à la disposition de la Coalition des avions de surveillance AWACS de l’OTAN. L’OTAN devient membre de la Coalition en mai 2017.

- Au Sommet de Bruxelles de 2018, les Alliés décident de lancer la Mission de l’OTAN en Irak (NATO Mission –Iraq , NM-I). Près de 500 personnels engagés dans NM-I assurent le conseil et la formation des institutions de défense et de sécurité irakiennes, dans le prolongement des activités de renforcement des capacités déjà conduites sur le sol irakien depuis le 1er janvier 2017. NM-I soutient la réforme du secteur de la sécurité irakien, pour assurer que les forces nationales soient efficaces et soutenables, à travers des activités de conseil et de formation des instructeurs. Elle forme les forces irakiennes dans les domaines de la lutte contre les engins explosifs improvisés, de la planification civilo-militaire, de la médecine militaire et de la maintenance des équipements irakiens datant de l’ère soviétique. NM-I soutient aussi le développement d’établissements de formation militaire spécialisés. Cet effort est porté en réponse à une demande des autorités irakiennes, et en soutien de la Coalition internationale, dont la priorité porte sur la stabilisation et la reconstruction de l’Irak post-Daech. NM-I, dont l’état-major est établi à Bagdad et dont la taille est modeste, bénéficie aussi du soutien logistique de la Coalition.

L’OTAN conduit également des opérations maritimes.

- En réaction à une recrudescence des actes de piraterie au large des côtes somaliennes, et en réponse à une demande du secrétaire général de l’ONU, les forces navales de l’OTAN escortent des navires du Programme alimentaire mondial (PAM) en transit dans le golfe d’Aden, d’abord dans le cadre de l’opération Allied Provider (octobre à décembre 2008) puis à travers Allied Protector (mars à août 2009). L’opération Ocean Shield prolonge l’action conduite par les précédentes opérations et contribue aux efforts internationaux de lutte contre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique de 2009 à 2016. Au-delà des actions conduites à la mer, l’opération fournit aux États de la région en adressant la demande un soutien au développement de leurs capacités de lutte contre les actes de piraterie.

L’opération Sea Guardian

- Depuis 2016, l’OTAN déploie l’opération de sûreté maritime Sea Guardian, en Méditerranée. Sea Guardian contribue à la connaissance de la situation maritime et à la lutte contre le terrorisme, et elle participe à la constitution de capacités de sûreté maritime. Si les Alliés le décident, l’opération pourrait aussi exécuter d’autres tâches de sûreté maritime : imposition du respect de la liberté de navigation, opérations d’interdiction maritime, protection des infrastructures critiques.

- En plus de ces opérations, l’Alliance contribue depuis 2016 à la gestion de la crise des réfugiés et des migrants en soutien de la Grèce et de la Turquie, à travers le déploiement de son deuxième groupe maritime permanent en mer Egée. L’OTAN travaille étroitement avec Frontex, l’agence de l’Union européenne pour la gestion des frontières, aux niveaux tactique et opératif. À cette fin, des arrangements de liaison ont été établis entre le Commandement maritime allié et Frontex.

La contribution opérationnelle de la France à l’OTAN

Troisième contributeur aux budgets militaires et civil de l’OTAN, la France est également un allié fiable et solidaire sur le plan opérationnel.

La France contribue pleinement à la posture de dissuasion et à la défense collective de l’OTAN. Les autorités françaises ont décidé du déploiement de troupes françaises en Estonie, au titre de la présence avancée renforcée, en 2019. Ils succèderont aux trois-cent militaires français déjà engagés dans ce cadre en Estonie en 2017, puis en Lituanie en 2018. De surcroît, du 31 avril au 31 août 2018, dans le cadre de la mission de la police de l’air renforcée (eAP) de l’OTAN, quatre Mirage 2000-5 du Groupe de chasse 1/2 Cigognes ont été basés à l’aéroport d’Ämari en Estonie. La France est attachée à sa contribution aux missions de police du ciel, l’armée de l’air française ayant procédé à sept missions de ce type au-dessus des États baltes depuis 2004.

Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement ont annoncé en juillet 2018 du lancement de la Mission de l’OTAN en Irak (NM-I), les autorités françaises ont réaffirmé leur détermination à soutenir le renforcement des capacités des institutions de défense irakiennes aux côtés de leurs Alliés, et ont décidé de déployer quatre personnels dans la mission. Par ailleurs, la France participe aux efforts globaux de l’Alliance en matière de lutte contre le terrorisme, notamment à travers ses opérations extérieures nationales Barkhane au Sahel (près de 4000 personnels déployés), et Chammal au Levant (jusqu’à 1200 effectifs).

La France a aussi joué un rôle central dans plusieurs opérations de l’OTAN, dont la KFOR, dans laquelle plus de 50.000 soldats français se sont succédés depuis 1999 ; la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, au sein de laquelle elle a déployé jusqu’à 4000 personnels ; et l’opération Protecteur Unifié, pour laquelle elle a assuré un quart des sorties aériennes et un tiers des actions aériennes offensives.

- En savoir plus sur les Opérations extérieures de la France (site du Ministère des Armées)

Dernière modification : 09/08/2018

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