Opération des soldats français à Kaboul (08.03.07)

KABOUL, 8 mars 2007 (AFP) - Les soldats français de l’OTAN et les forces afghanes ont mené cette semaine une opération conjointe dans un district près de la capitale afghane afin de "verrouiller les portes de Kaboul" aux insurgés, a annoncé jeudi le général français Pierre de Villiers. Lancée samedi, la phase active de l’opération "Aimant", qui a mobilisé un millier d’hommes, dont environ 400 Français, et permis de mettre la main sur des caches d’armes, s’est achevée jeudi dans le district de Sarobi (environ 70 km à l’est de Kaboul) "sans qu’un coup de feu ne soit tiré", a déclaré à l’AFP le général de Villiers, commandant en chef de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) pour la province de Kaboul. Une autre phase davantage axée sur le maintien de la sécurité, ainsi que le développement et la reconstruction, même si des écoles et une clinique vétérinaire viennent d’être construites dans cette région avec l’aide de l’Isaf, doit ensuite être mise en place. Le but de l’opération est de sécuriser la zone pour notamment empêcher les passages d’insurgés venant de l’est du pays - et du Pakistan - vers la vallée de Tagab, une région de la province voisine de Kapisa sous la supervision des soldats américains et qui est réputée pour être une zone très sensible.
La vallée "complètement reculée" d’Uzbeen, dans le district de Sarobi, était, selon le général, un "sanctuaire" notamment pour les partisans du chef islamiste du Hezb-i-islami, Gulbuddin Hekmatyar, recherché par les Américains pour terrorisme et allié de circonstance des talibans dans leur rébellion contre le pouvoir afghan et les forces étrangères. Une source militaire a par ailleurs souligné qu’il y avait également des infiltrations de talibans dans cette région. Le district de Sarobi est "un des axes majeurs qui mènent vers Kaboul avec celui de la vallée de Moussawi", plus au sud, où une opération avait été aussi menée fin 2006, a expliqué le général de Villiers. "C’est un noeud gordien. En contrôlant ce district, on contrôle une porte majeure de Kaboul", a-t-il dit. La police doit notamment renforcer ses points de contrôle dans ce district d’un peu plus de 100.000 habitants, où une soixantaine de soldats de l’Isaf seulement sont basés en permanence, selon le général de Villiers. La police et l’armée afghane ont "joué pour la première fois un rôle de premier plan dans la planification de l’opération Aimant", dont la première phase avait consisté par une prise de contacts avec la population locale, avec notamment l’organisation de deux chouras (assemblées traditionnelles), selon le général. "Pas un incident n’a été recensé depuis un mois à Kaboul et sa région", a par ailleurs souligné l’officier supérieur. Quelque 2.000 soldats de l’Isaf, sur un total de 36.000, sont stationnés dans la province de Kaboul, région sous commandement français. Dans le sud du pays, l’Isaf a par ailleurs lancé mardi dans la province d’Helmand une vaste offensive contre les talibans pour rétablir la sécurité dans cette région très conflictuelle qui échappe en grande partie au contrôle des autorités.

Dernière modification : 24/01/2008

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