- Otan : la France s’engage mais pas encore sur sa place dans l’Alliance.

NOORDWIJK (Pays-Bas), 25 oct 2007 (AFP) - La France a fait de nouveau assaut de bonne volonté à l’Otan en s’engageant à prêter main forte aux Néerlandais dans le sud de l’Afghanistan, tout en assurant que ce geste était parfaitement étranger au débat sur sa place dans l’Alliance. Le ministre français de la Défense Hervé Morin l’a confirmé jeudi, à l’issue d’une réunion de deux jours avec ses homologues de l’Otan à Noordwijk, sur la côte néerlandaise : Paris s’apprête à dépêcher plusieurs dizaines d’instructeurs supplémentaires dans le sud de l’Afghanistan où quelque 1.700 soldats néerlandais rencontrent une résistance meurtrière. Dix soldats néerlandais ont été tués par les talibans depuis le début de leur déploiement en août 2006 dans la province d’Oruzgan. Le geste français a été accueilli avec enthousiasme par un haut responsable américain, parlant de "tournant stratégique majeur". Pour autant, a assuré M. Morin, ce nouvel "effort" consenti par la France, qui compte un millier de soldats en Afghanistan, "n’a rien à voir" avec le débat sur son éventuel retour dans le commandement militaire intégré de l’Alliance, quitté en 1966 à l’initiative du général de Gaulle. Le ministre français propose une autre "grille de lecture". L’Afghanistan, a-t-il dit, est dans une "période charnière". Si la reconstruction, les conditions sanitaires ou la scolarisation des enfants progressent, d’autres éléments "montrent clairement une dégradation dans certaines régions". M. Morin a du reste appelé les 37 pays membres de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) "à ne pas baisser les bras". Si l’un d’eux annonçait une réduction d’effectifs, ce serait un signe "extrêmement négatif pour la totalité des pays engagés" en Afghanistan, a-t-il souligné, mettant en garde contre "un risque d’effet domino". Sur l’Otan, le président Nicolas Sarkozy avait fixé la ligne fin août, promettant des "initiatives très fortes" de la France en faveur de l’Europe de la défense, tout en souhaitant qu’elle prenne "toute sa place" au sein de l’Alliance. A Noordwijk, M. Morin est resté dans le droit fil de ces orientations. Au secrétaire américain à la Défense Robert Gates, il a ainsi assuré que la "priorité" de la France était "l’Europe de la Défense". "Pour nous, il ne s’agit pas de jouer l’Europe de la défense contre l’Otan ou le contraire mais que l’Europe prenne en main enfin sa propre sécurité comme le réclament d’ailleurs les Américains", a souligné M. Morin devant son interlocuteur américain. Sur "l’Europe de la Défense" elle-même, le ministre a parlé d’une "grande communauté de vues" avec l’Allemagne et l’Espagne et d’un "dialogue fructueux" avec les Britanniques. Il a qualifié de "constructive" la démarche de la France pour faire progresser cette idée, tout en soulignant que la création d’un véritable "centre de planification et de commandement" propre à l’Union européenne était un "point clef et capital".

Dernière modification : 16/11/2007

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