Pour Paris, l’Otan ne doit pas être "le gendarme du monde"

La France a souligné vendredi que l’Otan qui tiendra un sommet la semaine prochaine à Riga, n’a pas vocation à être "le gendarme du monde", réaffirmant son opposition aux vues de Washington sur le développement de l’Alliance.
"Certains partenaires, notamment les Etats-Unis, souhaiteraient que l’on étende les partenariats de l’Otan, y compris à des pays situés assez loin de l’Europe, comme l’Australie, la Corée du sud, la Nouvelle-Zélande ou le Japon", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. Mais "notre sentiment, c’est que l’Otan n’a pas vocation à être le gendarme du monde et n’a pas vocation non plus à être une grande alliance des démocraties", a-t-il poursuivi, lors d’un point de presse. "L’Otan est là pour manifester un lien transatlantique, pour traduire une dimension euro-atlantique que nous souhaitons préserver", a-t-il souligné, sans exclure toutefois "la possibilité de travailler, au cas par cas, avec tel ou tel pays" en fonction des "besoins opérationnels". M. Mattéi a estimé que le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance les 28 et 29 novembre dans la capitale lettone sera "un sommet de transition, qui permettra d’abord d’évoquer les opérations". Concernant l’Afghanistan, la plus importante mission extérieure en cours de l’Otan, il a estimé que l’alliance "ne peut pas tout faire" dans ce pays. "L’Otan ne peut pas lutter contre le trafic de drogue, assurer la reconstruction du pays. L’Otan a une vocation militaire et il ne faut pas tout mélanger", a-t-il ajouté. M. Mattéi a souligné que le succès en Afghanistan devait primer sur de nouvelles missions ailleurs dans le monde. "La mission en Afghanistan doit réussir, c’est la priorité numéro un pour l’Otan maintenant. Nous ne sommes pas favorables, du côté français, à de nouvelles initiatives", a-t-il dit.

Dernière modification : 23/01/2008

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