Résultats de la Ministérielle Défense OTAN des 10 et 11 juin 2010 (Bruxelles)

Les 10 et 11 juin, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN et des pays partenaires se sont réunis au siège de l’Alliance à Bruxelles pour examiner les missions en Afghanistan et au Kosovo, les réformes, la défense antimissile et d’autres questions importantes qui occupent l’OTAN actuellement.

Le 10 juin, le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, a ouvert la première réunion en présentant les principaux points qui examinés. La mission en Afghanistan est la grande priorité : « Notre objectif est d’aider l’Afghanistan à devenir un État souverain capable de se défendre contre le terrorisme. Car avec un Afghanistan stable, le monde sera plus sûr », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général a également évoqué la défense antimissile dans le cadre de laquelle les Alliés mettent déjà au point un système destiné à protéger les troupes. Les Directeurs nationaux des armements ont confirmé qu’il est techniquement faisable d’étendre le système pour qu’il assure aussi la protection de la population et du territoire des pays de l’OTAN, moyennant un coût supplémentaire acceptable. « Nous débattrons de tout cela aujourd’hui en gardant à l’esprit qu’une décision sera prise à ce sujet en novembre à Lisbonne. »

S’agissant des questions financières, il a déclaré, « nous devons faire en sorte que l’argent du contribuable dépensé au titre de la défense le soit de façon optimale. Mais notre mission est de garantir la défense de nos citoyens. Ce qui veut dire consacrer assez d’argent à la défense et l’investir intelligemment. »

« Aujourd’hui, nous avons examiné attentivement les priorités, les économies possibles et la multinationalisation. Classer par ordre de priorité ce dont nous avons le plus besoin, en particulier les moyens déployables, économiser en réduisant les infrastructures et la bureaucratie, et multinationaliser pour mettre notre argent en commun et nous procurer les capacités dont nous avons besoin et que nous ne pourrions pas acquérir autrement. »

Réunions des ministres de la défense dans le détail :

1/ Les ministres de la Défense sont d’accord : la KFOR restera aussi longtemps qu’il le faudra

Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN se sont réunis avec leurs homologues des pays non OTAN contribuant à la KFOR pour un échange de vues sur la mission de l’Alliance au Kosovo.

Les ministres ont fait le point sur les progrès accomplis dans le cadre de cette mission et sur la situation générale de sécurité au Kosovo qui s’améliore vers plus de stabilité et un renforcement des institutions locales. Ils se sont accordés à considérer que le passage de la KFOR à une force plus petite et plus mobile va dans le bon sens.

Les ministres sont également convenus que la KFOR restera en place aussi longtemps qu’il le faudra.

« La sécurité au Kosovo reste capitale pour la sécurité des Balkans occidentaux et de l’Europe », a déclaré le secrétaire général. « Que cela soit bien clair : l’OTAN et nos partenaires de la KFOR maintiendront leur plein engagement en faveur de la paix et de la stabilité au Kosovo et dans la région ».

Les ministres ont également discuté de l’étape suivante du processus de transition vers une nouvelle réduction des troupes. Ils sont convenus qu’une décision sur ce point serait prise ultérieurement, sur la base d’une évaluation militaire indiquant que les conditions sont réunies. Ils ont redit que la KFOR restera robuste et pleinement capable d’exercer ses responsabilités au Kosovo tout au long du processus de réduction progressive des troupes.

2/ L’Ukraine demeure un partenaire fiable de l’OTAN

Dans l’après-midi du jeudi 10 juin, les ministres de la Défense des pays de l’Alliance se sont réunis avec leur homologue ukrainien, Mykhailo Yejel, dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine. Ils ont discuté des principaux aspects de leur partenariat, y compris du soutien de l’Ukraine aux opérations dirigées par l’OTAN, de son Programme national annuel et de la réforme du secteur de la défense.

Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, qui présidait la réunion, a souligné que « L’OTAN est pleinement déterminée à maintenir et à renforcer son dialogue et sa coopération avec l’Ukraine. » Il a ajouté : « Le nouveau gouvernement ukrainien a indiqué clairement qu’il souhaitait maintenir le niveau actuel de coopération avec l’Alliance, exécuter les accords existants et mettre en oeuvre les programmes de partenariat, ce dont l’OTAN ne peut que se féliciter. »

Le ministre Mykhailo Yejel a déclaré quant à lui que les principaux axes de la coopération OTAN-Ukraine étaient le dialogue politico-militaire continu en faveur de la stabilité régionale, le soutien pratique aux opérations dirigées par l’OTAN et la réforme de la défense. Il a ajouté que le Programme national annuel de l’Ukraine était le principal outil permettant d’harmoniser la coopération OTAN-Ukraine, et que l’Ukraine restait un partenaire fiable et conséquent.

Le ministre ukrainien de la Défense a présenté à ses homologues des pays alliés une vue d’ensemble des principaux objectifs de la politique étrangère et de sécurité du nouveau gouvernement, y compris de la revue de défense stratégique, et il a donné un aperçu des tâches prioritaires relevant de sa responsabilité.

Les Alliés ont salué la contribution substantielle que l’Ukraine apporte aux opérations dirigées par l’OTAN, ainsi que son intention de devenir le premier pays partenaire à participer à la Force de réaction de l’OTAN. Les ministres se sont engagés à apporter leur plein appui aux réformes de la défense et de la sécurité engagées par l’Ukraine, notamment au travers de la mise en oeuvre du Programme national annuel.

3/ Les ministres des pays membres de l’OTAN examinent la question de la réforme

A l’occasion de leur dîner de travail du 10 juin, les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN ont examiné la question de la réforme et celle des ressources. Comme la crise financière exerce une pression énorme sur les budgets de défense dans tous les pays membres de l’Alliance et afin de s’assurer que les crédits soient utilisés à bon escient, c’est-à-dire pour ce qui est véritablement nécessaire dès maintenant et pour ce qui le sera à l’avenir, le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, a présenté aux ministres de la Défense des options qui permettraient d’alléger les structures de l’OTAN (le siège de l’Alliance, la structure de commandement et les agences de l’OTAN) et de les rendre plus efficaces et moins coûteuses.

Le secrétaire général a souligné un certain nombre de mesures de réforme qui ont déjà été adoptées récemment :

- « Nous venons de terminer un examen de nos budgets militaires, qui va entraîner des économies et des reports de dépenses représentant un total de 1,5 milliards d’euros.
- Nous avons approuvé une série de mesures visant à fixer des priorités claires en matière de dépenses, à améliorer l’audit et à assurer une grande visibilité du coût de tout ce que nous faisons.
- Et nous allons réduire des trois-quarts le nombre des comités travaillant dans ce bâtiment, pour le ramener à moins de 100. Ainsi, tous, nous passerons moins de temps dans des réunions, ce que je considère être une contribution significative à l’efficacité. »

Dans la perspective du sommet qui se tiendra à Lisbonne en novembre 2010, les ministres de la Défense ont demandé l’élaboration de propositions génériques sur une rationalisation de la structure de commandement, ainsi que sur la réforme des agences, à soumettre à leur réunion d’octobre 2010.

4/ Les ministres réaffirment qu’ils soutiennent les aspirations euro-atlantiques de la Géorgie

Dans la matinée du 11 juin, la Commission OTAN-Géorgie s’est réunie au niveau des ministres de la Défense pour examiner la situation sécuritaire actuelle dans le pays ainsi que la coopération entre l’OTAN et la Géorgie.

Le ministre de la Défense de la Géorgie, M. Bachana Akhalaia, a fait un exposé à ses homologues sur les efforts de réforme en cours en Géorgie.

Les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN ont réaffirmé le soutien continu de l’Alliance en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie, ainsi que de ses aspirations à l’adhésion à l’OTAN. Ils ont encouragé la Géorgie a procéder aux réformes nécessaires et ont redit que l’Alliance était prête à continuer d’appuyer le pays à cet égard.

Enfin, les ministres ont remercié la Géorgie pour la contribution significative qu’elle apporte à la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’OTAN en Afghanistan.

5/ Les ministres des pays contribuant à la FIAS examinent le transfert des responsabilités aux Afghans

Le 11 juin, les ministres de la défense des pays de l’OTAN ont rencontré leurs homologues des pays non OTAN qui fournissent des troupes à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan. Ils ont principalement examiné le processus de transfert des responsabilités aux Afghans et les mesures qui doivent être prises afin de faire avancer ce processus, en particulier en ce qui concerne la formation des forces de sécurité afghanes.

La réunion s’est ouverte par un exposé du commandant de la FIAS, le général Stanley McChrystal, sur l’état d’avancement des opérations. Il a expliqué que la stratégie actuelle fonctionnait, mais a prévenu que les progrès vers une stabilité véritable seront lents et délibérés, afin de faire en sorte que ces progrès qui seront obtenus au prix de grands sacrifices s’inscrivent dans la durée.

Le haut représentant civil de l’OTAN, l’ambassadeur Mark Sedwill, a décrit la manière dont l’Alliance va coopérer avec le gouvernement afghan afin de reprendre l’initiative politique une fois que les conditions opérationnelles se seront suffisamment améliorées pour permettre un transfert des responsabilités aux Afghans.
Le message que les 46 pays présents autour de la table ont adressé au général McChrystal était tout aussi clair : la FIAS restera en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra car un Afghanistan stable et souverain est synonyme d’un monde plus sûr pour chacun de nous.

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a souligné que les pays de l’OTAN contribuant à la FIAS étaient déterminés à aider le gouvernement afghan à reprendre la responsabilité du pays. « L’Afghanistan appartient aux Afghans. Non seulement le transfert des responsabilités aux Afghans est souhaitable, mais il est inévitable », a-t-il déclaré.

Il a en outre mis en évidence trois éléments fondamentaux en rapport avec le processus de transfert. « Tout d’abord, le transfert n’est pas synonyme de retrait de nos forces. Il est synonyme de transition vers un soutien des forces afghanes, ainsi que vers un processus à long terme de formation, de mentorat et de renforcement des capacités. Ensuite, les conditions sur les plans civil et militaire devront être réunies pour que le transfert soit irréversible. Et enfin, nous voulons que ces conditions soient réunies le plus vite possible », a-t-il ajouté.

Le transfert des responsabilités aux Afghans

En ce qui concerne le transfert, le ministre afghan de la Défense, le général Abdul Rahim Wardak, a déclaré : « Il faudrait que le transfert s’effectue sous conditions, qu’il soit appuyé par la gouvernance et le développement, lesquels reposent sur la sécurité. Nous considérons le transfert comme un processus, et non comme un événement ponctuel. »

S’appuyant sur les discussions qui ont eu lieu plus tôt dans l’année avec les représentants du gouvernement afghan, dans un premier temps à la conférence de Londres et ensuite à la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN tenue à Tallinn, les ministres ont continué à débattre de ce qui devra être fait dans les prochains mois pour faire progresser le transfert à la fois dans les domaines civil et militaire.

La formation

Les ministres se sont concentrés en particulier sur la formation des forces afghanes, et ils ont salué l’accroissement appréciable de la capacité des forces de sécurité nationales afghanes tout en reconnaissant qu’il faut davantage d’instructeurs pour que ces progrès se poursuivent de façon régulière.

Le secrétaire général de l’OTAN a exhorté les ministres à prendre les engagements nécessaires concernant les 450 instructeurs qui manquent encore sur les 2 123 requis d’ici à mars 2011. « La formation est un investissement au titre de ce transfert : plus nous assurerons la formation, plus vite le transfert pourra intervenir. C’est un calcul très simple, et un investissement très judicieux », a-t-il déclaré.

Les ministres se sont enfin félicités de la décision que le gouvernement afghan a prise récemment pour que se concrétisent les perspectives de réconciliation nationale, et ils ont appelé celui-ci à prendre de nouvelles mesures qui lui permettront de tenir ses engagements, en particulier concernant la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Source : site internet de l’OTAN.

Dernière modification : 16/06/2010

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