- Sarkozy à Kaboul : le monde "ne peut pas" perdre la guerre en Afghanistan

KABOUL, 22 déc 2007 (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré samedi que le monde "ne pouvait pas" perdre la guerre contre le terrorisme en Afghanistan, lors d’un voyage éclair à Kaboul. Durant cette visite de quelques heures, la première d’un chef d’Etat français, M. Sarkozy a rencontré son homologue Hamid Karzaï et le commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, le général américain Dan McNeill. A trois jours de Noël, il a rendu visite aux quelque 1.600 soldats français de l’Isaf essentiellement déployés dans la capitale et ses environs. "Ici il se joue deux choses extrêmement importantes", a dit M. Sarkozy après ses entretiens officiels : "la solidité des accords entre les alliés", avec la nécessité d’un "front uni", et éviter que l’Afghanistan "ne devienne un Etat terroriste". "Il se joue ici une guerre, une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme que nous ne pouvons pas et ne devons pas perdre". Depuis leur renversement en 2001, les talibans mènent une insurrection sanglante, qui a atteint un pic cette année avec plus de 6.000 morts, amenant Washington à appeler au renforcement des troupes alliées. Les islamistes visent le pouvoir du président Karzaï, élu démocratiquement en 2004, et les 60.000 soldats étrangers qui le soutiennent : 40.000 de l’Otan et 20.000 d’une coalition sous commandement américain. Sans répondre à la demande américaine, M. Sarkozy a indiqué que "vraisemblablement nous renforcerons la présence de ceux qui encadrent l’armée afghane", évoquant un renforcement "qualitatif" plutôt que "quantitatif". "Nous ne pensons pas que la solution soit uniquement militaire", a-t-il toutefois souligné, un avis partagé par d’autres pays de l’Otan au moment où Hamid Karzaï tente une réconciliation avec les talibans qui respecteraient la constitution. "Ce qui est important pour nous c’est d’aider à l’émergence d’un Etat afghan légitime, démocratique et moderne", a souligné M. Sarkozy. Le chef de l’Etat français a jugé que l’Afghanistan était "d’abord victime du terrorisme", évoquant les accusations portées contre ses deux voisins, l’Iran, qui aide les talibans, selon Washington, et le Pakistan, où se situent les bases de ces combattants. Il faut que "le Pakistan comprenne qu’il doit s’engager résolument dans la lutte contre le terrorisme", a insisté M. Sarkozy.
Accompagné d’une délégation comprenant ses ministres de la Défense Hervé Morin et des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ainsi que la secrétaire d’Etat chargée des droits de l’Homme, Rama Yade, M. Sarkozy a déjeuné avec les soldats français dans leur base à Kaboul, alors qu’ils s’apprêtent à célébrer Noël par une messe solennelle et un repas amélioré. Il s’est aussi rendu à la base afghane de Darulaman, au sud-ouest de la capitale, où des instructeurs français, qui devraient atteindre le nombre de 270 dans un avenir proche, forment et soutiennent sur le terrain le 201ème corps de l’armée afghane. "Nous devons poursuivre nos efforts aux côtés de nos alliés pour que l’armée afghane soit au plus vite autonome", a-t-il dit. "C’est une des clés du succès de l’engagement de la communauté internationale". Nicolas Sarkozy a réaffirmé à Kaboul la "solidité" des accords liant la France à ses alliés. Comme les autres membres de l’Otan, Paris évalue la situation sur le terrain en prévision du sommet de l’Alliance atlantique d’avril à Bucarest, consacré à l’Afghanistan.

Dernière modification : 04/01/2008

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