Sarkozy réaffirme l’engagement français en Afghanistan

KABOUL, 22 décembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy a effectué samedi une visite-éclair en Afghanistan, où il a envisagé un renforcement de la présence française pour gagner la "guerre contre le terrorisme". "Les alliés doivent faire en sorte que l’Afghanistan ne devienne pas un état terroriste", a déclaré le président français aux quelques journalistes qui l’accompagnaient lors de ce voyage. "Il se joue ici une guerre, une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme que nous ne pouvons pas et ne devons pas perdre", a ajouté le chef de l’Etat, qui a rencontré son homologue afghan Hamid Karzaï au palais présidentiel. L’armée française compte environ 1.900 soldats en Afghanistan engagés au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), placée sous le commandement de l’Otan, et dans le cadre de l’opération "Liberté immuable", sous commandement américain. Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité d’un renforcement de cette présence tricolore dans un théâtre afghan qu’il a qualifié d’"extrêmement périlleux". Il prendra, a-t-il dit, "un certain nombre de décisions" à ce sujet "dans les semaines qui viennent". "Tout ce qui nous amènera à renforcer notre présence pour aider les Afghans à prendre leur destin en mains, nous verrons ça avec un regard très positif. Ce qui est sûr, c’est que nous n’avons pas voulu donner le signal du départ, ça aurait été un signal détestable au moment où on voit les ravages que peut faire le terrorisme dans le monde". Selon un communiqué de la présidence afghane, Nicolas Sarkozy et Hamid Karzaï ont souligné que la détérioration de la sécurité ainsi que la production d’opium constituaient les principaux défis à relever pour le pays asiatique. Lors de cette visite organisée à trois jours de Noël, Nicolas Sarkozy a rencontré des militaires français participant à la formation de l’armée afghane dans le cadre des OMLT, des équipes mises en place par l’Isaf pour assurer la reconstruction de l’armée nationale afghane. "En tant que chef des armées, il était tout à fait normal que je vienne partager un moment avec nos soldats de façon à m’enquérir du moral des troupes", a souligné le chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy était accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, de celui de la Défense Hervé Morin et de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade. Le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des forces armées, et le philosophe André Glucksmann étaient également du voyage. L’avion présidentiel français, escorté par deux Mirage, s’est posé à 05h30 GMT à l’aéroport de la capitale afghane. Nicolas Sarkozy a repris la route pour la France dans l’après-midi et il a fait une escale technique à Douchanbe, la capitale du Tadjikistan. Il était attendu à Paris vers minuit. Cette visite en Afghanistan avait été annoncée cette semaine par plusieurs médias, dont Le Figaro, mais l’Elysée avait refusé de le confirmer "pour des raisons de sécurité". Lors de sa visite aux Etats-Unis en novembre, Nicolas Sarkozy avait annoncé que la France ne quitterait pas l’Afghanistan, comme elle l’avait un temps envisagé. Il avait même laissé entendre, à la grande satisfaction de Washington, qu’elle y enverrait des moyens nouveaux. Selon "Le Canard enchaîné", la France s’apprêterait à envoyer en Afghanistan une quinzaine de chars lourds "Leclerc" pour renforcer "dans quelques semaines" le contingent français. Interrogé par Reuters, le cabinet du ministre de la Défense Hervé Morin a opposé un "démenti catégorique" à cette information.

Dernière modification : 24/01/2008

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