Visite du poste de commandement de la force aéromaritime de réaction rapide "high readiness force" allocution du Ministre de la Défense, Mme Michèle ALLIOT-MARIE

En inaugurant aujourd’hui le poste de commandement de la force aéromaritime de réaction rapide, j’ai pu mesurer la fierté bien légitime de ceux qui ont permis l’aboutissement de ce projet.
Grâce à leur travail, une étape majeure est en effet franchie dans le développement des capacités militaires de notre pays, dans sa faculté à affronter les défis de demain. Ce nouveau dispositif témoigne également de la volonté de la France d’assumer un rôle de premier plan dans la résolution des crises internationales, notamment au sein de l’OTAN.
L’Alliance atlantique demeure aujourd’hui une garantie incontournable de notre sécurité collective. Depuis le Sommet de Prague, elle se situe à un tournant décisif. Elle et plus efficaces.
Face au terrorisme, à la prolifération des armes de destruction massive, aux crises régionales, l’Alliance atlantique a une valeur ajoutée substantielle, même si elle n’a pas vocation à traiter l’ensemble des menaces. En tant qu’alliance militaire, son rôle s’inscrit en parfaite complémentarité avec celui de l’Union européenne, qui joue incontestablement depuis quelques années un rôle actif et concret dans les affaires de sécurité et de défense.
L’engagement de la France dans l’Alliance atlantique n’a jamais cessé d’être un engagement fort, fiable, fidèle. Son implication dans les missions militaires de l’OTAN ou son rôle dans le développement des programmes en coopération, sont autant de signes qui en attestent.
C’est dans le même esprit que nous soutenons depuis le Sommet de Prague le processus de modernisation de l’Alliance, et qu’aujourd’hui, avec la force aéromaritime de réaction rapide, nous nous dotons des outils qui nous permettrons de jouer un rôle central dans les futurs engagements de l’OTAN.

La France est un acteur majeur de la modernisation de l’OTAN. Elle contribue à la rationalisation des structures de l’Alliance, pour mieux l’adapter aux défis actuels et futurs. Elle est un contributeur majeur de la force de réaction rapide, la NRF, qui est un des principaux éléments du processus de transformation de l’Alliance.

Depuis 2003, nous participons activement aux différents cycles de la NRF, dans ses composantes terre, air, mer et forces spéciales, souvent dans les premiers rangs des contributeurs. C’est ainsi que l’Armée de l’Air a fourni des moyens aériens à la NRF, mis en úuvre pour les engagements opérationnels aux Etats-Unis et au Pakistan. La Marine nationale a aussi contribué systématiquement avec une frégate, un avion de patrouille maritime, un sous-marin nucléaire d’attaque, d’octobre 2003 à juillet 2005. La NRF 4 était articulée principalement autour du porte-avions "Charles de Gaulle".

En plus de fournir des moyens militaires importants, nous avons choisi d’apporter notre contribution aux capacités de commandement. La France possède déjà une aptitude à diriger des opérations complexes, montées dans des délais très brefs, à des distances considérables. Elle adapte en permanence le commandement militaire au contexte actuel : des opérations multinationales, marquées par la révolution de l’information, qui affecte profondément la stratégie militaire.

Il était essentiel qu’elle apporte son savoir-faire à l’Alliance, en se dotant d’états-majors de forces organisés, entraînés et qualifiés suivant les normes OTAN. L’armée de l’air a pu démontrer cette capacité en assumant le commandement de sa composante lors des deux seuls engagements opérationnels de la NRF. L’armée de terre a relevé ce défi avec son état-major de Lille, tout comme la Marine le fait aujourd’hui avec ce PC.

L’état-major de la force aéromaritime de réaction rapide permettra à la France de jouer un rôle central dans les futurs engagements de l’OTAN. La certification aux normes OTAN de ce PC "HRF" a nécessité un travail important, et je salue l’engagement soutenu de ceux qui y ont pris part. Il a fallu mettre en conformité les procédures, développer des systèmes de communication déployables et interopérables, assurer la montée en puissance des structures de commandement. Il a fallu parallèlement "multinationaliser" l’état-major et l’entraîner aux fonctions spécifiques de commandant de composante maritime. L’exercice "Trident d’Or", mené en Méditerranée au printemps 2005, a constitué le premier exercice de certification. Son bon déroulement a permis d’atteindre le niveau de "capacité opérationnelle intermédiaire".

Le travail a été poursuivi et couronné de succès par l’attribution de la "capacité opérationnelle complète", proposée par le Général Jones au comité militaire en avril et ratifiée en mai 2006.
Cette certification permet à la France d’être éligible comme nation-cadre de la composante maritime de la NRF. Elle en exercera ainsi le commandement lors de la NRF 10 en 2008.

Cette tâche à laquelle se prépare la marine est ambitieuse. A cette date, la NRF aura en effet atteint sa pleine maturité et sera totalement apte à être engagée dans des opérations réelles.

*

N’oublions pas que derrière ces certifications techniques, on trouve surtout les efforts et la détermination des hommes et des femmes de la force d’action navale et de la marine.

Je tiens à vous féliciter et à vous remercier du travail accompli. Je ne doute pas que vous continuerez dans cette voie, pour faire de cette structure un modèle.

Au travers de cet état-major, la France pourra démontrer son excellence et affirmer son engagement auprès de ses partenaires. Elle pourra pleinement assumer son rôle sur la scène internationale.
Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2008

Haut de page