Visite surprise en Afghanistan du ministre français de la Défense

FOB NIJRAB (Afghanistan), 19 juil 2008 (AFP) - Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a assuré samedi le président Hamid Karzai de la volonté de la France de se tenir aux côtés des Afghans et a visité des soldats français sur une base avancée, au premier jour d’une visite surprise en Afghanistan. Arrivé samedi à Kaboul, le ministre français s’est entretenu avec le président Karzai à qui "il a assuré que le gouvernement français se tient aux côtés du peuple d’Afghanistan", a indiqué la présidence afghane dans un communiqué. "Le président a remercié le gouvernement français d’apporter son soutien à l’Afghanistan en matière de sécurité et de reconstruction", poursuit le communiqué. Puis le ministre s’est rendu en avion dans la province de Kapisa, au nord-est de Kaboul, pour rencontrer les renforts français du 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine (8e RPIMa) déployés sur la base avancée de Nijrab, qui compte également des soldats afghans et américains, a rapporté un journaliste de l’AFP. "Je suis venu apporter un message de solidarité et de confiance aux hommes du 8e Rpima et dire aux autorités afghanes que la victoire ne peut pas être que militaire. La sécurité, la gouvernance, le développement, ce sont les trois axes majeurs pour redonner la sérénité à l’Afghanistan", avait déclaré M. Morin à son arrivée à Kaboul. Selon lui, "l’essentiel des forces rebelles provient désormais des pays voisins, notamment du Pakistan, dans un rapport de 80 à 20 (20% d’Afghans). Il ne s’agit pas de diaboliser le Pakistan mais de lui rappeler ses responsabilités". "Il n’y a pas d’autre choix" que la présence militaire internationale. "Partir serait une idée folle, il ne faut pas oublier ce qu’était le régime des talibans, un joug abominable", avait ajouté M. Morin. Sur la base avancée de Nijrab, le ministre s’est adressé aux militaires français dans un magnifique paysage de montagnes aux crêtes découpées culminant à plus de 4.000 mètres d’altitude et surplombant des vallées à la végétation très dense. "A travers votre mission en Afghanistan, c’est une partie de notre sécurité qui se joue, une partie de la stabilité du monde, de la lutte contre le terrorisme et le narco-trafic", a-t-il déclaré. "Nous avons déjà eu quatre accrochages, des engins explosifs et des embuscades de bandes armées comptant cinq à dix personnes", a déclaré le colonel Jacques Aragones, commandant les 700 hommes de la Task Force Kapisa, constitués majoritairement de soldats du 8e RPIMa. M. Morin doit visiter dimanche le détachement de l’Armée de l’Air française stationné à Kandahar, dans le sud. La France avait annoncé début avril au sommet de l’Otan à Bucarest le déploiement d’un bataillon français supplémentaire de 700 hommes au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf). Si les violences sont moins fréquentes dans la province de Kapisa que dans le sud du pays, des incidents y sont régulièrement recensés, en particulier dans le district de Tagab, qui contrôle un accès stratégique à la capitale. Des soldats américains y sont pour le moment déployés. La bataillon français devrait être au complet fin août. Le contingent français en Afghanistan compte actuellement quelque 2.000 soldats, dont près d’un millier à Kaboul. Près de 170 militaires servent également à Kandahar, où sont stationnés trois Super-Etendard et trois Mirage 2000D qui apportent un soutien aérien. Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière en Afghanistan depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d’intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l’une de l’Otan (l’Isaf), l’autre sous commandement américain.

Dernière modification : 29/07/2008

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